Spleen, baudelaire, les fleurs du mal

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  • Publié le : 23 mai 2011
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Spleen, Baudelaire
(Les Fleurs du Mal)

Charles Pierre Baudelaire est l’un des poètes français les plus célèbres du XIXème siècle et un écrivain majeur de l’histoire de la poésie mondiale, né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867 à Paris. Par son recueil Les Fleurs du mal, publié le 23 juin 187, il a renouvelé en profondeur les motifs poétiques etdans ses poèmes il a tente de tisser et de démontrer les liens entre le mal, la beauté, le bonheur, l'idéal inaccessible, la violence et, la mélancolie, l'envie d'ailleurs et l'horreur. Le Poème « Spleen » (LXII) que nous allons étudier se situe entre un état exalté où il rend hommage à l’idéal et à la beauté et un autre plus mélancolique.
Par son poème, quelle vison du monde veut-il nousdonner Baudelaire ? Dans un premier temps, nous verrons que l’auteur met en place un univers oppressant, dans un second temps nous observerons que le poète, se sentant lui-même enfermé dans ce cadre, angoisse et hallucine. Enfin dans un dernier temps, nous analyserons l’état de Spleen dans lequel Baudelaire se trouve.

Dés le début de son poème, composé de 5 strophes en alexandrinsfinissant par des rimes croisées, Charles Baudelaire mets en place un cadre spécifique et lugubre. Il décrit un paysage sombre : l’unique couleur dominante « noir » (v. 4 et 20) est celle qui représente la mort et les enfers ; et un extérieur clos comme si des limites étaient placées autour de lui. Les adjectifs « bas » et « lourd » et le verbe « peser » accompagnants le nom commun « ciel » (vers 1) etla comparaison du ciel, d’ordinaire infini, à un « couvercle » (v.1) ; la comparaison de la « terre » à un « cachot » (v.4) et l’emploi précis des noms communs « murs » (v.7) et « plafonds » (v.8) forment des barrières, des cloisons autour et au dessus du poète. « L’horizon » (v.3) est lui aussi délimité par un « cercle » (v.3) et la personnification de l’horizon « embrassant » (v.3) tout lecercle donne l’impression qu’une personne serre le tout dans ses bras et c’est comme s’il enfermait une fois de plus l’auteur. La « pluie » (v.9) par ses « immenses traînées » (v.9) est une métaphore des « barreaux » d’une « prison » (v.10). L’écrivain a choisi d’écrire son vers sous la forme « d’une vaste prison imite les barreaux » (v.10) alors qu’il aurait pu plus simplement énoncer : imite lesbarreaux d’une vaste prison. Cette tournure ainsi choisie permet de mettre en valeur le mot « barreaux » en le plaçant à la fin du vers, pour insister la métaphore auprès du lecteur. Enfin, le « filet » associé au groupe nominal « au fond de nos cerveaux » (V.12) est une image pour montrer que même les pensées du poète sont enfermées, entourées de mailles solides. Tous ces éléments montrent donc quel’auteur forme un univers extérieur qui peu à peu devient intérieur : il se retrouve prisonnier dans une cellule par des murs, des plafonds et des barreaux et enfin le milieu rentre à l’intérieur même de la tête du poète, comme si tout ça était le fruit de son imagination.
Tout le contexte créer par Baudelaire est particulièrement oppressant. L’utilisation d’adjectifs qualificatifs et deverbes et de groupes nominaux péjoratifs marque cette oppression : « bas » (v.1), « lourd » (v.1), « noirs » (v.4 et v.20), « triste » (v.4), « humide » (v.5), « pourris » (v.8), « infâmes » (v.11), « vaincu » (v.19), « atroce » (v.19) et « despotique » (v.19) dans les adjectifs qualificatif ; « peser » (v.1), « gémir » (v.2 et v.16) , « pleurer » (v.19) pour les verbes et enfin « longs ennuis »(v.2), « affreux hurlement » (v.14) et « esprits errants » (v.15). De plus, la répétition deux fois des « esprits » (v.2 et v.15) qui gémissent ou errent donne le sentiment qu’ils hantent l’espaces déjà clos de l’auteur et qu’il ne peut y échapper. L’oxymore « jour noir » (v.4) et un autre moyen d’énoncer l’oppression : le jour est censé être éclairé par la lumière du soleil et symbolise donc...
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