Spleen baudelaire lxxvi

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1098 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 15 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Ce poème illustre les diverses formes du malaise de vivre. Dans celui-ci, écrit à la première personne, Charles Baudelaire fait un bilan désespérant de son existence.
Le vers 1 : le poète annonce son bilan.
Les vers 2 à 24 : il fait un inventaire chaotique de ses souvenirs.
Les vers 15 à 18 : il ne connaît plus que l'ennui.
Les vers 19 à 24 : passage à la deuxième personne. Il est étranger àlui-même et au monde.
Le poème a une forme irrégulière, il n'est pas régulièrement disposé en strophe comme par exemple le LXXVIII. Il est fragmenté en ensemble inégaux 1 vers - 13 vers - 10 vers, si on tient compte du blanc, des tirets (v.8-18). Cela fragmente encore ces ensembles de 13 vers et 10 vers; ces blancs et ces tirets découpent des ensembles qui ont leur unité. Le poème fonctionne paraccumulation d'images apparemment disparates, le cerveau du poète est successivement un meuble (v.1-4), une pyramide (v.5-6), un cimetière (v.7-8), un vieux boudoir (= salon)(v.11-14), un granit (v.19-21) et un sphinx (v.22-24).
Le spleen c'est le contraire de l'harmonie, c'est le chaos de l'âme. La mise en page d'une part et le fonctionnement d'une autre renforce cette impression de chaos.
Levers 1 se prononce d'un seul tenant donnant une impression d'immensité. Dans ce vers, Baudelaire donne l'impression d'être une immense mémoire, las, il a tout vu; il utilise une hyperbole très expressive. Ce vers est une ouverture, annonçant la suite, la tonalité: la lassitude.
Vers 2 à 14 : Baudelaire fait l'inventaire de ses souvenirs à l'aide de métaphores.
Vers 6 à 8 : Le cerveau du poètedevient une pyramide, un caveau, un cimetière, la métaphore transforme ses souvenirs en ossements. Sa mémoire devient champ de cadavres. La lune n'éclaire même plus sa mémoire devenue cimetière (v.8).
Vers 9 à 10 : Des remords importants le condamnent. Sa mémoire est comme un cadavre rongé par les vers (= remords qui hantent le poète). Il a le sentiment qu'il a échoué en tant que poète. Le spleens'attaque au poète et non à l'homme.
Vers 11 à 14 : Sa mémoire est successivement un meuble, un cimetière, puis ici un vieux boudoir:
- On y trouve des fleurs, des modes (= dentelles), des objets d'art, des Bouchers.
- Il y règne le désordre, les objets sont proches du néant, anciens, démodés (roses fanées, modes surannées, parfums éventés).
- Les sensations auditives (pastels plaintifs(v.12))rendent compte de l'impression visuelle; il y a correspondance.
- Toutes ces sensations expriment l'absence de vie. "Seuls" (v.14) est en rejet: les objets sont multiples mais seuls par rapport à la vie.
A la fin de cet inventaire de sa mémoire, Baudelaire éprouve une sensation de vide, de néant; il ne lui reste plus que l'ennui.
Vers 15 à 24 : il ne reste au poète plus que l'ennui.
Vers 15 à18 : "L'ennui naît de l'absence de curiosité, de désir. Ce que je sens c'est une absence total de désir. A quoi bon ceci? A quoi bon cela? C'est le véritable esprit du spleen." Lettre de Baudelaire à sa mère en 1857. L'ennui est présenté ici sous la forme de la dérision (v.17). La seule immoralité promise à l'homme en proie au spleen c'est l'ennui. La sonorité, le rythme et les métaphores sontsignificatifs de cet ennui; rime obsédante en "é" (v.11-18).
Les métaphores :
Le temps qui dure est comme un vieillard boiteux (v.15) ou comme un hiver (v.16): le mouvement est contrarié: ça n'avance pas. Le spleen est comme l'hiver de l'âme.
L'ennui entraîne la mort de l'âme, de l'être, le poète étranger à lui-même et oublié va se pétrifier et sombrer dans la mort.
Vers 19 à 24 : "Désormais"(v.19) marque une conséquence de l'ennui; l'ennui débouche sur la mort; la matière vivante devient granite. L'apostrophe est dérisoire, moqueuse, le poète est étranger à lui-même; il appartient au monde minéral. Sphinx = granite. Non seulement étranger à lui-même, oublié du reste du monde (v.22-23). Ce n'est même plus une curiosité archéologique. Le poète est comme un vieux sphinx qui ne chante plus...
tracking img