Spleen iv baudelaire

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  • Publié le : 11 octobre 2010
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« Spleen »
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que l’horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ; Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l’Espérance, comme une chauve-souris, S’en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris ; Quand lapluie étalant ses immenses trainées D’une vaste prison imite les barreaux, Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux, Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement. -Et le long des corbillards, sans tambour ni musique,Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir, Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

SPLEEN 4 DE BAUDELAIRE INTRODUCTION
On note une progression entre les quatre pièces, qui consacrent la dépossession du moi, l’emprise de la mort sur le vivant qui est productrice de mélancolie. L’une du côté de l’avoir (premier vers du Spleen 2) d’un savoirmorbide (v.2 Spleen 2) qui se retourne en vampirisation du sujet, l’autre du côté de l’être (v.1 du Spleen 3), d’un être soumis au renversement de l’inexistence et du néant. La progression dans la représentation de la perte du moi se marque essentiellement par l’élimination progressive de la présence poétique, dont les traces même fugitives sont encore décelable (Spleen 1 v.78 le poète est présentsous la forme d’un fantôme) ou dans le champ de la pétrification (Spleen 2). Le Spleen 4 marque une abdication du sujet. Les quatre poèmes portent le même titre Spleen sans que celuici n’intervienne explicitement, or ce dernier porte un anagramme qui le dissémine dans le texte : « esprit, espérance, plus, plafond, pluie, prison, espoir, pleurs, incliné et plante. »

PLAN
I- La montée du désespoirII- La passivité de la conscience III- La force des images

COMMENTAIRE
I- La montée du désespoir Elle est signalée par les anaphores des trois premières strophes : « quand le ciel » v1, « quand la terre » v5, « quand la pluie » v9. Le thème de la pluie renvoie aux pièces 1 et 3 : « Pluviôse, irrité contre la ville entière » ; « Je suis comme le roi d'un pays pluvieux ». La cohérenced'ensemble se trouve réaffirmé, de plus on note une progression dans la mesure où tous les éléments naturels semblent se liguer pour enserrer le sujet dans une sorte de cage psychologique. En effet, le champ lexical de l'emprisonnement apparaît nettement avec l'expression du vers 1 « pèse comme un couvercle », la mention du cachot au vers 5, l'emploi des termes : « prison et barreaux » au vers 10. De plus,la présence des subordonnées nombreuses qui apparaissent dans toutes les strophes avec une sorte de parallélisme syntaxique qui apparaît dans la deuxième partie des trois premières strophes introduisent une impression de répétitions et d'altération, de sorte que le thème de la claustration revêt les formes de l'oppression et de l'agression. La comparaison du vers 1 constitue une gradation « pèsecomme un couvercle ». En effet, la caractérisation « le ciel bas et lourd » se trouve complété par une constatation concrète « pèse comme un couvercle », l'image paraît très subjective parce qu'elle est issue de

l'expérience quotidienne. La perspective totalisante apparaît au vers 3 puisque l'ensemble de l'espace « et l'horizon embrassant tout le ciel » est évoqué pour nuire au sujet. Le vers4 utilise le pronom pluriel « nous » dans la mesure où le poète fait référence à une expérience collective qui inclut le lecteur. De plus, l'oxymore « le jour noir » vient renforcer l'impression de mélancolie. Donc le comparatif de supériorité « plus triste que les nuits » vient renforcer l'oxymore et souligner la rime « ennuie/nuit ». La comparaison avec la prison est poursuivit dans les deux...
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