St. augustin, la foi et la raison

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  • Publié le : 23 août 2010
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Seize siècles nous séparent de Saint Augustin !

Il est né le 13 novembre 354 à Thagaste (aujourd’hui Souk Ahras) et il est mort le 28 août 430 dans sa ville épiscopale d’Hippone (aujourd’hui Annaba, hier Bône) en Algérie.

Pourtant ce personnage, de la fin de l’antiquité, est si attachant et son œuvre si imposante, qu’il convient plutôt de reconnaître que ces seize sièclesnous unissent à lui, tant cette longue période garde l’empreinte de sa présence et du rayonnement de sa pensée.

En effet, non seulement Saint Augustin a accompagné les débuts du triomphe du christianisme, sur les antiques religions païennes, et de son Eglise catholique, dont il fut l’un des principaux Pères fondateurs, mais plus généralement son œuvre a influencé la pensée occidentaleet dans une large mesure toute méditation philosophique sur le destin de l’homme.

Dès lors, à l’aube de ce 21èmè siècle, qui dit-on « sera religieux ou ne sera pas » comment ne pas reconnaître l’incontestable actualité de la pensée de Saint Augustin et, devant les événements tragiques qui endeuillent le début de ce troisième millénaire, comment ne pas admettre la résonance touteparticulière de ses recherches sur les rapports entre la foi et la raison.

C’est précisément l’analyse de ces rapports qui constitue le thème central de la réflexion sur Saint Augustin qu’il m’est demandé de mener.

Cependant, au préalable, il est indispensable, de se pencher sur l’homme lui-même et sa vie, dont l’influence sera décisive sur sa pensée et sur son œuvre.-1-

Aurelius Augustinus est né à Thagaste petite ville de la province
romaine de Numidie (au nord de l’actuelle Algérie, proche de la frontière tunisienne) .

Citoyen romain, sans doute de race berbère, il est issu d’un milieu social relativement modeste ; et si, sa mère Monique, est une chrétienne fervente, son père, Patricius, petitpropriétaire foncier, est demeuré païen.

Augustin effectue ses études primaires dans sa ville natale, puis secondaires à Madaure, cité voisine plus importante, enfin supérieures, grâce à la générosité d’un ami de sa famille, à Carthage, ville la plus grande après Rome de tout l’occident latin.

L’enseignement qu’il reçut au cours de ce cursus, traditionnel pour l’époque,lui donna une culture avant tout latine et essentiellement littéraire.

Pour acquérir une réelle culture philosophique il lui aurait fallu étudier à Athènes ou à Alexandrie ; or il ne put le faire, certainement faute de moyens financiers; et comme il était loin de maîtriser la langue grecque il ne put apprendre des grands philosophes que ce qui avait été traduit en latin.D’ailleurs ce n’est que vers dix neuf ans, au cours d’une jeunesse assez désordonnée, qu’Augustin découvrit, tout seul, la Philosophie.

C’est la lecture de l’Exhortation à la philosophie, que Cicéron avait rédigée dans son « Hortensius » qui éveilla, comme il l’a écrit, dans ses Confessions «cet amour de la sagesse », et qui fut à l’origine de sa conversion à la philosophie.D’autre part, contraint de faire vivre sa famille (son père étant mort peu après le départ pour Carthage), Augustin dût arrêter ses études et trouver un métier. Il devint, à dix-neuf ans, professeur et enseigna la rhétorique, d’abord à Carthage, puis à Rome et enfin à Milan, alors capitale de l’Empire d’occident auprès duquel il envisagea même de postuler pour un poste de gouverneur de province, ce quiaurait satisfait les ambitions que sa mère nourrissait pour lui.

Cependant, sa conversion au christianisme survint en 386 et le fit renoncer à l’enseignement et à une possible et belle carrière au service de l’administration de l’Empire romain.

-2-
Comme on le voit, treize ans se sont écoulés depuis la lecture de l’Hortensius, avant qu’Augustin ne réalise sa...
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