Stress

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  • Publié le : 23 mai 2010
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Le "bon stress", ça n'existe pas !

Des écoles de management, s'appuient sur des études comportementales et l'avis de certains psychologues, pour préconiser une forme de motivation des salariés bien particulière : le management par le stress.

Se référant aux bienfaits supposés de la montée d'adrénaline potentialisante et libératrice que ressentent les sportifs ou les orateurs avant laperformance, elles considèrent que les salariés soumis à des contraintes "mesurées" trouvent en eux les ressources nécessaires à l'accomplissement des tâches qui leur sont ainsi assignées.

D'autres avancent que ressentir le stress montre que le corps éprouve la pression, autrement dit qu'il existe : le stress comme comblement du vide intérieur !

Tout cela n'est que stupidité ! Les statistiques desanté sociale s'accordent pour dire que le stress est la cause principale de la moitié des arrêts de travail et que son coût pèse entre 3 et 10% du PIB.

En fait, il s'agit de manier avec dextérité un équilibre sain entre carotte et bâton. Or, les salariés se plaignent majoritairement du manque de reconnaissance de leur travail. Aussi, l'éventualité d'une récompense (appel à grandir) seratoujours plus motivante que la menace paralysante d'une sanction (infantilisation).

A moins de considérer le stress comme un moyen artificiel d'accélérer la sélection des espèces dans l'entreprise !

Alerte biologique et indicateur d'incohérence

Le stress est d'origine animale : réflexe de survie en réponse à une menace externe, sur lequel nous n'avons aucune action possible, il induit desréactions de fuite, de lutte, ou de résignation. C'est le domaine du cerveau primitif, le cerveau reptilien.

Au fil de son développement, l'homme a acquis une conscience (cerveau limbique) à base d'expériences et de mémorisation des situations passées. La vraie différence est apparue avec le cortex préfrontal, siège de l'intelligence, responsable d'activités supérieures : curiosité, adaptation,nuance, relativité, rationalité, opinion.

Le problème est que cette zone n'est pas maîtresse de nos comportements. C'est en effet la conscience, une zone plus "primitive", qui décide de nos actions et réactions.

N'y voyons pas là une allégorie du fonctionnement des entreprises !

Lorsque le cerveau supérieur détecte un conflit interne, c'est-à-dire une situation ou un comportement incohérent(comme le rejeu d'un échec passé, par exemple), et si la conscience reste cantonnée dans des préjugés ou un conditionnement de court terme, le seul moyen dont il dispose pour porter l'alerte est le stress animal.

Aussi ne faut-il pas considérer l'apparition du stress comme un aveu de faiblesse, mais plutôt comme une incitation à voir la situation présente sous un autre angle, à considérerd'autres points de vue que ceux que nous dicte la facilité ou notre passé.

Sans aller jusqu'à une méditation transcendantale systématique...

Dénonciation individuelle d'un trouble collectif ?

A ce stade, pour expliquer le stress au travail, il serait tentant de considérer que les managers ne sont que la conscience de l'entreprise, focalisée sur le court terme… Ce serait vite oublier qu'ils sontles premières victimes du surmenage et du burn out.

Et si les salariés n'évoquaient leur stress que par mode, ou pour exister ? Et si ce n'était pas seulement l'aveu d'individus insuffisants face aux nécessités productives, mais la manifestation du caractère invisible et insidieux d'une certaine défaillance de l'organisation ?

Plus largement, ne serait-ce pas pour les professionnels, lamanière d'évoquer leur malaise "existentiel" ou les contradictions de leur emploi ? Le stress prend alors le sens d'un usage social !

C'est là toute l'ambiguïté : tant que la reconnaissance officielle du stress demeurera individuelle et ne traitera pas la pénibilité collective ou la mauvaise organisation, elle sera à double tranchant, car celui dont on reconnaît le stress est aussi celui qui n'a...
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