Suicide

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Compte rendu
Ouvrage recensé :
Christian BAUDELOT et Roger ESTABLET, Suicide, l’envers de notre monde, Paris, Éditions du Seuil, 2006.

par André Tremblay
Recherches sociographiques, vol. 48, n° 3, 2007, p. 177-180.

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COMPTES RENDUS

177inquiet. Il nous livre, au total, ce qui aurait bien pu s’intituler : Comprendre le suicide. Mais le titre était déjà pris. On a envie de dire merci. Daniel DAGENAIS Département de sociologie et d’anthropologie, Université Concordia.

Christian BAUDELOT et Roger ESTABLET, Suicide, l’envers de notre monde, Paris, Éditions du Seuil, 2006. Le livre de Baudelot et Establet s’inscrit dans la traditiondurkheimienne d’analyse statistique du suicide. S’ils empruntent leurs méthodes au maître, les sociologues français contestent une grande partie des résultats de ses recherches. L’ouvrage débute avec une critique radicale de l’affirmation de Durkheim voulant que la misère protège du suicide, lui donnant une place qu’elle n’a pas dans l’œuvre de Durkheim. Le ton est donné, c’est dans le champéconomique que les auteurs trouveront l’essentiel de leurs explications et ils font peu de cas de la famille ou de la religion. En fait, ils en discutent brièvement dans deux chapitres, utilisant des chiffres internationaux, et ils n’y reviennent qu’en conclusion pour reconduire celle de Durkheim… D’entrée de jeu, les auteurs affichent leurs couleurs. Ils n’ont pas le projet d’expliquer le suicide au planindividuel. Une de leurs sections s’intitule « Ce n’est pas la société qui éclaire le suicide, c’est le suicide qui éclaire la société ». Signe des temps, l’horizon spatial de leur analyse n’est plus l’Europe comme dans les études de Durkheim ou Halbwachs mais le monde entier, enfin la partie pour laquelle ils disposent de statistiques. Même s’ils reprennent la théorie de l’intégration sociale deDurkheim, leur approche les amène à distinguer des dynamiques sociales différentes selon les sociétés qu’ils examinent. Ils rejettent tout particulièrement la typologie du suicide de Durkheim, « ce chapitre chimérique sur les formes prises par les suicides selon qu’ils soient 'déterminés' par l’anomie, l’altruisme ou l’égoïsme » (p. 246). Ils reprochent à Durkheim son sociologisme, sa prétention àtout expliquer. D’ailleurs, contrairement à leurs prédécesseurs, ils ne dialoguent guère avec les psychologues, leur reconnaissant plutôt la capacité de donner sens à l’acte commis par les personnes suicidées. Ils puisent toutefois abondamment chez les anthropologues pour mieux comprendre les cultures non occidentales, asiatiques notamment. Suicide, l’envers de notre monde est divisé en neufchapitres. Le premier pose la perspective des auteurs. Les trois suivants traitent du suicide dans une perspective historique. Deux chapitres sont consacrés à l’étude de l’effet de la classe sociale. Les deux derniers portent sur la situation particulière des jeunes et des femmes respectivement. Un chapitre est consacré à la situation exceptionnelle de la Russie depuis l’acceptation du suicide au...
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