Sujet bac blanc

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Documents
• Honoré de Balzac, La Duchesse de Langeais, chapitre II, 1834.
• Marcel Proust, La Prisonnière, 1923.
• Albert Cohen, Belle du Seigneur, chapitre LXXXVII, 1968.

1. Quelle vision de la relation amoureuse chacun de ces textes propose-t-il ? (3 points)
2. Comment le cinéaste J. Rivette (document D) rend-il compte des rapports entre les deux personnages duroman de Balzac ? (1 point)

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Antoinette de Langeais a, pour satisfaire son orgueil, séduit Armand de Montriveau, héroïque général de l’armée de Bonaparte. Elle est parvenue à se l’attacher en le rendant fou d’amour pour elle. Mais parce qu’elleveut « posséder sans être possédée », elle refuse de s’offrir à lui. Un soir, le général se rend chez elle, décidé à la faire céder à son désir.
– Si tu disais vrai hier, sois à moi, ma chère Antoinette, s’écria-t-il, je veux...
– D’abord, dit-elle en le repoussant avec force et calme, lorsqu’elle le vit s’avancer, ne me compromettez pas. Ma femme de chambre pourrait vous entendre.Respectez-moi, je vous prie. Votre familiarité est très bonne, le soir, dans mon boudoir1 ; mais ici2, point. Puis, que signifie votre je veux ? Je veux ! Personne ne m’a dit encore ce mot. Il me semble très ridicule, parfaitement ridicule.
– Vous ne me céderiez rien sur ce point ? dit-il.
– Ah ! vous nommez un point, la libre disposition de nous-mêmes : un point très capital, en effet ; et vousme permettrez d’être, en ce point, tout à fait la maîtresse.
– Et si, me fiant en vos promesses, je l’exigeais ?
– Ah ! vous me prouveriez que j’aurais eu le plus grand tort de vous faire la plus légère promesse, je ne serais pas assez sotte pour la tenir, et je vous prierais de me laisser tranquille.
Montriveau pâlit, voulut s’élancer ; la duchesse sonna, sa femme de chambre parut, etcette femme lui dit en souriant avec une grâce moqueuse :
– Ayez la bonté de revenir quand je serai visible3.
Armand de Montriveau sentit alors la dureté de cette femme froide et tranchante autant que l’acier, elle était écrasante de mépris. En un moment, elle avait brisé des liens qui n’étaient forts que pour son amant. La duchesse avait lu sur le front d’Armand les exigences secrètes decette visite, et avait jugé que l’instant était venu de faire sentir à ce soldat impérial que les duchesses pouvaient bien se prêter à l’amour, mais ne s’y donnaient pas, et que leur conquête était plus difficile à faire que ne l’avait été celle de l’Europe.
– Madame, dit Armand, je n’ai pas le temps d’attendre. Je suis, vous l’avez dit vous-même, un enfant gâté. Quand je voudrai sérieusementce dont nous parlions tout à l’heure, je l’aurai.
– Vous l’aurez ? dit-elle d’un air de hauteur auquel se mêla quelque surprise.
– Je l’aurai.
– Ah ! vous me feriez bien plaisir de le vouloir. Pour la curiosité du fait, je serais charmée de savoir comment vous vous y prendriez...
– Je suis enchanté, répondit Montriveau en riant de façon à effrayer la duchesse, de mettre un intérêt dansvotre existence. Me permettrez-vous de venir vous chercher pour aller au bal ce soir ?
– Je vous rends mille grâces, monsieur de Marsay vous a prévenu4, j’ai promis.
Montriveau salua gravement et se retira.
– Ronquerolles5 a donc raison, pensa-t-il, nous allons jouer maintenant une partie d’échecs.
Honoré de Balzac, La Duchesse de Langeais, chapitre II, 1834.

1. Petit salonélégant de dame
2. Montriveau a fait irruption, sans se faire annoncer, dans la chambre à coucher de la duchesse.
3. Quand je vous y autoriserai.
4. M’a déjà proposé de venir me chercher.
5. Le marquis de Ronquerolles est un « galant », un homme à femmes. C’est lui qui a encouragé Montriveau à se montrer plus exigeant vis-à-vis de la duchesse de Langeais.

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