Sujet brevet francais

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  • Publié le : 18 mai 2010
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C'est le moment pour toi de t'entrainer pour le brevet !
Brevet blanc
L’histoire se passe à Paris en 1831. Claude Gueux, ouvrier pauvre, a volé pour nourrir sa femme et son enfant. Condamné à cinq ans de prison, il est envoyé à la Maison Centrale de Clairvaux. Il se lie d’amitié avec un jeune prisonnier, Albin mais, par jalousie, le directeur des ateliers sépare les deux hommes. Tous lesjours, Claude réclame son compagnon, en vain.
 

« Monsieur le directeur, dit Claude avec une voix qui eût attendri le démon, je vous en supplie, remettez Albin avec moi, vous verrez comme je travaillerai bien. Vous qui êtes libre, cela vous est égal, vous ne savez pas ce que c'est qu'un ami ; mais, moi, je n'ai que les quatre murs de ma prison. Vous pouvez aller et venir, vous ; moi, je n’aiqu’Albin. Rendez-le-moi. Albin me nourrissait, vous le savez bien1. Cela ne vous coûterait que la peine de dire oui. Qu'est-ce que cela vous fait qu'il y ait dans la même salle un homme qui s'appelle Claude Gueux et un autre qui s'appelle Albin ? Car ce n'est pas plus compliqué que cela. Monsieur le directeur, mon bon monsieur D., je vous supplie vraiment, au nom du ciel !
Claude n'en avait peut-êtrejamais tant dit à la fois à un geôlier. Après cet effort, épuisé, il attendit. Le directeur répliqua avec un geste d'impatience :
- Impossible. C'est dit. Voyons, ne m'en reparle plus. Tu m'ennuies.
Et, comme il était pressé, il doubla le pas. Claude aussi. En parlant ainsi, ils étaient arrivés tous deux près de la porte de sortie ; les quatre-vingts voleurs regardaient et écoutaient, haletants.Claude toucha doucement le bras du directeur.
- Mais au moins que je sache pourquoi je suis condamné à mort2 ! Dites-moi pourquoi vous l'avez séparé de moi.
- Je te l'ai déjà dit, répondit le directeur, parce que.
Et, tournant le dos à Claude, il avança la main vers le loquet de la porte de sortie.
A la réponse du directeur, Claude avait reculé d'un pas. Les quatre-vingts statues qui étaientlà3 virent sortir de son pantalon sa main droite avec la hache. Cette main se leva, et, avant que le directeur eût pu pousser un cri, trois coups de hache, chose affreuse à dire, assenés tous les trois dans la même entaille, lui avaient ouvert le crâne. Au moment où il tombait à la renverse, un quatrième coup lui balafra le visage ; puis, comme une fureur lancée ne s'arrête pas court, Claude Gueuxlui fendit la cuisse droite d'un cinquième coup inutile. Le directeur était mort.
Alors Claude jeta la hache et cria : À l'autre maintenant ! L'autre, c'était lui. On le vit tirer de sa veste les petits ciseaux de « sa femme »4 et, sans que personne songeât à l'en empêcher, il se les enfonça dans la poitrine. La lame était courte, la poitrine était profonde. Il y fouilla longtemps et à plus devingt reprises en criant : « Cœur de damné, je ne te trouverai donc pas ! » et enfin il tomba baigné dans son sang, évanoui sur le mort.
Lequel des deux était la victime de l'autre ?

 
Victor Hugo, Claude Gueux (1834)
 
1 Par amitié, Albin, qui était de faible constitution, avait pris l’habitude de donner une part de sa ration à Claude Gueux, homme robuste, de gros appétit. En échange, ClaudeGueux protégeait son ami.
2 Il s’agit d’une expression. En réalité, à ce moment-là, Claude Gueux n’est condamné qu’à cinq ans de prison.
3 Les autres prisonniers
4 L’expression est entre guillemets car Claude Gueux n’était pas vraiment marié. De nos jours, on parle de concubinage.

PREMIERE PARTIE :
QUESTIONS (15 POINTS)
 
I) Un homme déterminé (4.5 points)
1. Quels arguments ClaudeGueux utilise-t-il dans le premier paragraphe (l.1-8) pour faire changer d’avis le directeur ? (Citez le texte pour répondre). (1.5 Point)
2. Réécrivez les phrases ci-dessous de manière à faire apparaître (grammaticalement) le lien logique. Dites de quel lien il s’agit : (2 points)
- Remettez Albin avec moi, vous verrez comme je travaillerai bien.
- Vous pouvez aller et venir, vous ; moi, je...
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