Sujet roman

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  • Publié le : 1 mai 2011
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BAC BLANC ÉCRIT

Objet d'étude : le roman et ses personnages.

Texte A : Stendhal, Le Rouge et le Noir, livre premier, chapitre XIII, 1830.
Texte B : Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, chapitre 52, 1844.
Texte C : Victor Hugo, Les Misérables, 2ème partie, livre troisième, 1862.

Texte A :

[Julien, homme du peuple, est précepteur [1] chez M. et Mme de Rênal . Un soir il al'audace de prendre la main de Mme de Rênal , qui finalement se laisse faire. Quelques jours plus tard, lors d'un repas au jardin avec son amie Mme Derville, c'est elle qui cherche la main de Julien.]

Certaine de l'affection de Julien, peut-être sa vertu eût trouvé des forces contre lui. Tremblante de le perdre à jamais, sa passion l'égara jusqu'au point de reprendre la main de Julien, que,dans sa distraction, il avait laissée appuyée sur le dossier d'une chaise. Cette action réveilla ce jeune ambitieux : il eût voulu qu'elle eût pour témoins tous ces nobles si fiers qui, à table, lorsqu'il était au bas bout avec les enfants, le regardaient avec un sourire si protecteur. Cette femme ne peut plus me mépriser : dans ce cas, se dit-il, je dois être sensible à sa beauté ; je me dois àmoi-même d'être son amant. Une telle idée ne lui fût pas venue avant les confidences naïves faites par son ami.
La détermination subite qu'il venait de prendre forma une distraction agréable. Il se disait : II faut que j'aie une de ces deux femmes; il s'aperçut qu'il aurait beaucoup mieux aimé faire la cour à madame Derville ; ce n'est pas qu'elle fût plus agréable, mais toujours elle l'avaitvu précepteur honoré pour sa science, et non pas ouvrier charpentier, avec une veste de ratine [2] pliée sous le bras, comme il était apparu à madame de Rênal .
C'était précisément comme jeune ouvrier, rougissant jusqu'au blanc des yeux, arrêté à la porte de la maison et n'osant sonner, que madame de Rênal se le figurait avec le plus de charme.
En poursuivant la revue de saposition, Julien vit qu'il ne fallait pas songer à la conquête de madame Derville, qui s'apercevait probablement du goût que madame de Rênal montrait pour lui. Forcé de revenir à celle-ci : Que connais-je du caractère de cette femme ? se dit Julien. Seulement ceci : avant mon voyage, je lui prenais la main, elle la retirait ; aujourd'hui je retire ma main, elle la saisit et la serre. Belle occasion delui rendre tous les mépris qu'elle a eus pour moi. Dieu sait combien elle a eu d'amants ! elle ne se décide peut-être en ma faveur qu'à cause de la facilité des entrevues.
Tel est hélas ! le malheur d'une excessive civilisation ! A vingt ans, l'âme d'un jeune homme, s'il a quelque éducation, est à mille lieues du laisser-aller, sans lequel l'amour n'est souvent que le plus ennuyeux desdevoirs.
Je me dois d'autant plus, continua la petite vanité de Julien, de réussir auprès de cette femme, que si jamais je fais fortune, et que quelqu'un me reproche le bas emploi de précepteur, je pourrai faire entendre que l'amour m'avait jeté à cette place.

Texte B :

[Chargée par le cardinal de Richelieu d'empoisonner le duc de Buckingham, amant de la reine, Milady, figure d'angedémoniaque, vient d'être arrêtée et emprisonnée.]

Que de haine elle distille ! Là, immobile, et les yeux ardents et fixes dans son appartement désert, comme les éclats de ses rugissements sourds, qui parfois s'échappent avec sa respiration du fond de sa poitrine, accompagnent bien le bruit de la houle qui monte, gronde, mugit et vient se briser, comme un désespoir éternel et impuissant,contre les rochers sur lesquels est bâti ce château sombre et orgueilleux ! Comme, à la lueur des éclairs que sa colère orageuse fait briller dans son esprit, elle conçoit contre Mme Bonacieux [3], contre Buckingham, et surtout contre d'Artagnan, de magnifiques projets de vengeance, perdus dans les lointains de l'avenir !
Oui, mais pour se venger il faut être libre, et pour être libre, quand...
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