Supply chain management existe t'il?

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  • Publié le : 28 novembre 2010
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L’objet de cet article est de proposer une analyse de l’évolution des rôles joués dans l’entreprise par la logistique, puis, à partir du début des années 1990, par le supply chain management (SCM), qui relaye et enrichit la logistique. Nous souhaitons mettre l’accent sur la nature des relations de plus en plus étroites que ces deux approches d’« organisation par les flux » ont noué avec lesfonctions qui renvoient aux disciplines classiques des sciences de gestion, et cela à partir d’une expérience de recherche en logistique de plus d’un quart de siècle. Pour rendre plus aisée la compréhension de la dynamique intra et interorganisationnelle qui, à partir d’une démarche logistique initiale franchement opérationnelle, aboutit désormais à une vision managériale, voire entrepreneuriale, detype SCM, résolument spéculative par bien de ses aspects, nous avons pris le parti de nous appuyer sur des exemples caractéristiques des différentes périodes traversées par la logistique puis par le SCM dans les entreprises françaises depuis le début des années 1960.
I. – PREMIÈRE PHASE DE DÉPLOIEMENT : GÉRER LES FLUX DE L’ENTREPRISE (DE 1960 À 1980)
2 Au cours de sa première phase dedéveloppement la démarche logistique se construit progressivement sous les contraintes imposées par les structures organisationnelles en place, qui surdéterminent les options prises par une fonction logistique dont les prérogatives s’élargissent lentement. Cette phase se subdivise en trois périodes, chaque période est issue des limites de la période antérieure, tout en en réaménageant les dispositifs pourtenir compte du nouveau contexte à maîtriser. La démarche logistique est donc entraînée dans une spirale d’améliorations continues et récursives, et nous nous proposons d’analyser chacune des périodes identifiées selon trois thèmes : objectifs principaux, exemples et limites.
1. Des optimisations logistiques limitées : la fragmentation logistique et les silos fonctionnels
3 La prise de consciencepar l’entreprise de problèmes logistiques remonte au début des années 1960, lorsqu’il a fallu traduire sur le terrain des flux physiques les options ambitieuses du marketing naissant (Tixier et al., 1983), fonction avec laquelle la logistique a d’emblée entretenu d’étroites proximités. Comment passer d’une gestion de la pénurie des flux, peu exigeante par nécessité, à une gestion de l’abondance, quivoit les flux se multiplier et les exigences du consommateur s’aiguiser ? Comment assurer les niveaux de service promis aux clients à un coût acceptable ?
4 Certaines fonctions de l’entreprise, comme la distribution, la production et les achats, directement et quotidiennement confrontées dans l’exercice de leur mission prioritaire à des tâches logistiques secondaires liées à leurs problèmes detransport, de manutention ou d’entreposage, etc., vont rechercher des réponses ponctuelles. Elles procèdent à de multiples optimisations disjointes (Kolb, 1972), du fait d’une approche encore très fragmentée de la logistique, en privilégiant des solutions techniques de type ingénierique, susceptibles d’améliorer la productivité des moyens logistiques qu’elles mobilisent, et indépendantes les unesdes autres.
5 Chaque fonction, face à une situation logistique spécifique, identifie donc cas par cas le « one best way » susceptible de dégager la meilleure efficience locale. Par exemple, en distribution, le recours à la recherche opérationnelle permet d’optimiser les tournées de livraison d’une flotte de camions : combien de véhicules et de quels types, combien et quelles tournées pour livreren France une fois par semaine 70000 épiceries, sachant qu’un camion peut livrer 25 points par jour et ne doit pas s’éloigner de plus de 150 kilomètres de son point de départ ? De même, la production répartit ses machines dans un atelier de sorte à minimiser les manutentions internes et les achats procèdent à l’implantation de leurs stocks dans un entrepôt en fonction du taux de rotation de...
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