Sur la lecture - proust

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  • Publié le : 18 septembre 2010
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Sur la lecture - Proust

Résumé
Proust se souvient de ses séances de lecture quand il était enfant, et de ce qu'elles ont laissé dans sa mémoire du contexte dans lequel s'effectuaient ses lectures.
«[C]es gens [les personnages] pour qui on avait haleté et sangloté, on ne les verrait plus jamais, on ne saurait plus rien d'eux. Déjà, depuis quelques pages, l'auteur, dans le cruel "Epilogue",avait eu soin de les "espacer" avec une indifférence incroyable pour qui savait l'intérêt avec lequel il les avait suivis jusque-là pas à pas. [...] On aurait tant voulu que le livre continuât, et, si c'était impossible, avoir d'autres renseignements sur tous ces personnages, apprendre maintenant quelque chose de leur vie, employer la nôtre à des choses qui ne fussent pas tout à fait étrangères àl'amour qu'ils nous avaient inspiré et dont l'objet nous faisait tout à coup défaut». (p.24-25)
«[...] la lecture ne doit pas jouer dans la vie le rôle prépondérant que lui assigne Ruskin [dans Trésors des Rois, texte d'une conférence de 1864]». (p.26) Utilisant les mots de Descartes, Proust résume ainsi la thèse de Ruskin, qu'il conteste: «la lecture de tous les bons livres est comme uneconversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs.» (p.27)
«J'ai essayé de montrer [...] que la lecture ne saurait être ainsi assimilée à une conversation, fût-ce avec le plus sage des hommes; que ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n'est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au reboursde la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir communication d'une autre pensée, mais tout en restant seul, c'est-à-dire en continuant à jouir de la puissance intellectuelle qu'on a dans la solitude et que la conversation dissipe immédiatement, en continuant à pouvoir être inspiré, à rester en plein travail fécond de l'esprit sur lui-même.» (p. 29)
«Mais si je crois que la lecture,dans son essence originale, dans ce miracle fécond d'une communication au sein de la solitude, est quelque chose de plus, quelque chose d'autre que ce qu'a dit Ruskin, je ne crois pas malgré cela qu'on puisse lui reconnaître dans notre vie spirituelle le rôle prépondérant qu'il semble lui assigner.» (p.29-30)
«C'est donner un trop grand rôle à ce qui n'est qu'une initiation d'en faire unediscipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle; elle peut nous y introduire: elle ne la constitue pas.» (p.34)
«Tant que la lecture est pour nous l'initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n'aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire. Il devient dangereux au contraire quand, au lieu de nous éveiller à la viepersonnelle de l'esprit, la lecture tend à se substituer à elle, quand la vérité ne nous apparaît plus comme un idéal que nous ne pouvons réaliser que par le progrès intime de notre pensée et par l'effort de notre coeur, mais comme une chose matérielle, déposée entre les feuillets des livres comme un miel tout préparé par les autres et que nous n'avons qu'à prendre la peine d'atteindre sur les rayonsdes bibliothèques et de déguster ensuite passivement dans un parfait repos de corps et d'esprit.» (p. 37-38)
«La lecture est une amitié» (p.44). «Avec les livres, pas d'amabilité. Ces amis-là, si nous passons la soirée avec eux, c'est vraiment que nous en avons envie.» (p.45) «L'atmosphère de cette pure amitié est le silence, plus pur que la parole.» (p.46)
«Le langage même du livre est pur[...], rendu transparent par la pensée de l'auteur qui en a retiré tout ce qui n'était pas elle-même jusqu'à le rendre son image fidèle; chaque phrase, au fond, ressemblant aux autres, car toutes sont dites par l'inflexion unique d'une personnalité». (p.46)
Proust fait ressortir la faiblesse du style de Gautier: «Nous ne pouvons qu'accuser la pitoyable sécheresse de son imagination quand il compare...
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