Sur quels critères nous appuyer pour distinguer le bien et du mal ?

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  • Publié le : 15 novembre 2009
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Le bien et le mal
    Pour l’homme vital qui ne cherche que la satisfaction du plaisir immédiat, les mots bien et mal ont une consonance gênante. Il aimerait pouvoir profiter de l’existence, sans qu’on lui dise que ceci ou cela soit mal, en étant libéré des hésitations et des remises en causes morales. Mais est-il possible à un être humain de ne vivre sans se poser la question du bien et dumal ? N’est-ce pas se tromper soi-même que d’essayer de se maintenir dans l’inconscience ?
    Or très souvent, l’inconscience nous rend complice d’actes qui sont destructeurs. Nous devons constamment faire des choix et prendre des décisions. Pour cela il faut délibérer. L’homme vital est en nous, mais il est soumis à l’homme mental. Il ne peut pas nier sa propre conscience et sa pensée. Et cet hommequi pense a besoin de repères du bien et du mal, de principes sûrs de ce qui est bien ou de ce qui est mal. En d’autres termes, pour juger, il nous faut des critères. Mais où les trouver ? Sur quels critères nous appuyer pour distinguer le bien et du mal ?
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A. Morale et tradition

    Partons de la conscience commune et de la manière dont elle envisage la question du bien et du mal.La morale est présente dans la conscience commune dans les mœurs, les comportements mesurés par des normes morales, tels qu’on les considère à l’intérieur d’une culture donnée. Les mœurs ne sont pas une morale. Ils supposent pourtant des règles de ce qui est « bien» ou de ce qui est « mal ».
    a) Pour la plupart des hommes, quand se pose le problème de savoir ce qui est bien ou mal, c’estauprès de la tradition qu’il faut aller chercher refuge. Ou encore, nous nous rapportons aux mœurs tels qu’ils existent en les considérant comme des normes. On se fie d’abord à « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas ». Il y a des comportements socialement admissibles et ils indiquent le « bien » et des comportements inadmissibles qui indiquent le "mal". Nous nous servons en cela du jugementcommun, du jugement des autres pour décider du bien et du mal. Le souci du « qu’en dira t-on ?» nous porte au conformisme et le conformisme nous ramène vers l’ordre établi. Dans la société traditionnelle, la comparaison était plus fine. Dans un cas difficile on allait vers les hommes du passé. On consultait les anciens du village pour leur demander conseil. Il est en effet important que subsiste unlien et même un courant de sagesse entre la génération ancienne et la génération nouvelle. La génération la plus âgée fait figure d’autorité en matière de morale et il est normal d’aller lui demander conseil. Parce que les hommes qui ont beaucoup vécu ont davantage d’expérience, ils peuvent éduquer les générations nouvelles. Leur jugement possède une maturité que n’a pas celui de la générationnouvelle, qui est beaucoup plus à la merci de l’actuel. Dans notre monde postmoderne, les traditions ont perdu leur autorité. Sous les feux de l’actualité, nous sommes étourdis, nous n’avons pas le recul ni le jugement nécessaire. Consulter la tradition pourrait nous aider, mais qui a vraiment foi dans la tradition ? Consulter la tradition, c’est se référer à des valeurs qui possèdent l’avantage de ladurée, à des valeurs qui ne sont pas éphémères. Mais ce que nous privilégions, c’est l’actuel, donc le conformisme de l'immédiat. Seulement, faire comme toute le monde, est-ce forcément bien faire ? Le conformisme est-il lui-même moral ?
    b) De la même manière, pour ceux qui ont une certaine culture, l’exemple des grands hommes fournit des modèles de rectitude du comportement à l’égard de cequi est bien ou mal. Nous avons dans notre histoire des héros de la morale, de Socrate, à Epictète, de Gandhi à Martin Luther King. Chaque culture possède aussi ses autorités morales. Nous pouvons nous tourner vers ces hommes illustres pour nous demander ce qu’ils auraient fait à notre place. Nous pouvons repenser un problème d’aujourd’hui à travers une vision qui possède une haute stature...