Surendettement

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  • Publié le : 4 juin 2012
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Le travail social face au surendettement
Aujourd’hui le surendettement est davantage lié aux accidents de la vie tels que le chômage ou la séparation, qu’à un usage immodéré du crédit. Les plus pauvres constituent les victimes les plus nombreuses et les plus fragiles. Des commissions spécialisées proposent, en cherchant à concilier les intérêts des créanciers et des débiteurs, des solutions pourépurer les déficits chroniques. Les travailleurs sociaux de leur côté tentent des actions de prévention et de guérison. Sortir de cette spirale infernale de l’accumulation des dettes ou éviter d’y tomber s’avèrent un objectif difficile à atteindre qui nécessite un accompagnement par de vrais professionnels.

« Aujourd’hui, il y a sans doute au moins 500 000 ménages en situation desurendettement ayant déposé un dossier ou s’efforçant laborieusement de respecter un plan qui réduit leur pouvoir d’achat au niveau des bénéficiaires du RMI », indique Arnaud de La Hougue, spécialiste du surendettement [lire interview]. En 1988, au moment de la préparation de la loi Neiertz, on estimait à 200 000 le nombre de ménages surendettés (soit moins de 1 % de la population). Actuellement c’est 1 200000 dossiers qui ont été déposés devant les commissions de surendettement de la Banque de France.
En 1988, le surendettement était souvent lié à un emprunt pour l’accession à la propriété — taux progressif conduisant à des remboursements trop élevés, dépenses annexes mal évaluées, baisse de revenus due au chômage ou à une séparation — et à la déréglementation du crédit qui a favorisé le recoursimprudent à celui-ci. Puis le chômage de masse, l’augmentation des séparations a provoqué des baisses importantes de revenu et accentué les risques de surendettement. Depuis ces dernières années, l’appauvrissement de certaines couches de la population provoque des difficultés pour faire face aux charges fixes.
On parle de surendettement lorsque le poids de l’ensemble des remboursements supporté esttrop élevé par rapport aux ressources courantes. Une enquête de la Banque de France, réalisée en 2001, à partir de l’étude de 14 600 dossiers, révèle une accentuation des tendances observées pour la première fois en 1990 : les célibataires surendettés sont aujourd’hui trois fois plus nombreux qu’il y a douze ans.
Parmi les débiteurs, l’étude de la Banque de France, souligne l’augmentation desfamilles monoparentales. On retrouve parmi eux une majorité de personnes âgées de 35 à 55 ans et on constate une augmentation des jeunes de moins de 25 ans et des personnes âgées. Le surendettement touche surtout des catégories socioprofessionnelles peu favorisées (55 % d’ouvriers et d’employés). La part des chômeurs et des inactifs s’élève à 32 %. En règle générale, les personnes surendettéespossèdent un patrimoine de faible valeur : 15 % d’entre elles sont propriétaires de leur logement ou sont en voie de l’acquérir tandis que les trois quarts d’entre elles sont locataires. « Le nombre d’occupants à titre gratuit a quelque peu augmenté », souligne pudiquement l’étude. Ce groupe est semble-t-il composé en grande majorité de jeunes hébergés par leurs parents.
Le surendettement dit « actif »,qui sanctionne un usage immodéré du crédit, fait place à un surendettement « passif », né des « accidents de la vie » (chômage, divorce, décès du conjoint…). Dans trois situations sur quatre, l’endettement est mixte : il mêle les créances liées à la vie quotidienne aux prêts consentis par des établissements financiers. Dans 80 % des dossiers présentés en commission de surendettement, on retrouveles crédits permanents ou « revolvings » - « véritable plaie », selon les associations de défense des consommateurs -. Il s’agit de réserves d’argent disponibles sur simple coup de fil, dont le taux d’intérêt s’élève à 15 % et 17 %. Lorsque les débiteurs souscrivent ce type de crédits à la consommation, ils en prennent en moyenne quatre. « La perversité du discours publicitaire qui présente le...
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