Syntaxe chomskienne

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  • Publié le : 6 décembre 2011
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[pic][pic]Un exemple de traitement syntaxique : Les grammaires for[pic]melles
En s'intéressant à l'analyse syntaxique, les chercheurs visaient à ``dégrossir" l'analyse générale des phrases, pour que le traitement du sens à proprement parler se fasse plus aisément. Cette phase débuta au moment où les travaux de Chomsky sur la syntaxe prenaient toute leur ampleur (1957). Plusieurs méthodesd'analyse syntaxique se développèrent, mais la plus célèbre et la plus centrale reste la notion de grammaire formelle.
Avant tout, toute grammaire est concrètement représentée par un ensemble de règles. Une grammaire cherche à décrire une réalité, par exemple l'ensemble des phrases syntaxiquement correctes de la langue. Tout l'art de la création d'une grammaire est donc de repérer le bon nombre derègles pour couvrir l'ensemble de la réalité, mais pas plus. Si une grammaire permet de créer plus de phrases que ce que contient la réalité grammaticale de la langue, on dit qu'elle sur-génère, et si elle en produit moins, qu'elle sous-génère. L'équilibre n'est d'ailleurs jamais atteint pour une langue naturelle.
Une grammaire formelle est présentée sous la forme d'un ensemble de règles de dérivation,ces règles exprimant la structure des entités syntaxiques telles que la phrase (P), le groupe nominal (GN), le groupe verbal (GV) etc. Pour exprimer par exemple qu'une phrase est composée d'un groupe nominal et d'un groupe verbal, on utilise la règle P [pic]GN + GV.
De même, un groupe nominal est composé d'un déterminant, et d'un nom, ou d'un déterminant, un adjectif et un nom. Il faut doncplusieurs règles pour exprimer la structure d'un groupe nominal :
GN [pic]dét + N et GN [pic]dét + Adj + N.
Ces règles peuvent se regrouper sous la forme :
GN [pic]dét + N [pic]dét + Adj +N ( le signe [pic]se lit comme ``ou").
De même, pour traiter finalement les mots de la phrase, ceux-ci doivent apparaître en partie droite d'une règle de dérivation, comme par exemple :
N [pic]chien, ou Adj[pic]gros, etc.
A l'aide de cet ensemble de règles, il est donc possible de générer ou d'analyser un certain nombre de phrases. Le problème est de ne générer par ces règles que des phrases grammaticalement correctes. Considérons par exemple l'ensemble de règles suivant :
• P [pic]GN + GV
• GN [pic]N [pic]dét + Adj + N
• GV [pic]V + GN
• N [pic]Jean [pic]Marie [pic]chiens
• V[pic]aime [pic]aiment
• Adj [pic]belle [pic]beaux
• dét [pic]le [pic]la [pic]les
On peut dériver la phrase correcte ``Jean aime la belle Marie"4.5, comme présentée par l'arbre syntaxique suivant :
|[pic] |
|Figure 4.4: Arbre syntaxique |

La suite dedérivations qui permettent d'atteindre cette phrase est la suivante :
• P (par principe, la grammaire s'intéresse à une phrase)
• GN + GV
• N + GV
• N + V + GN
• N + V + dét + Adj + N
• Jean + aime + la + belle + Marie
Mais on peut également procéder en partant de la phrase pour l'analyser, auquel cas la succession des règles se fait dans l'ordre inverse.
Cettegrammaire minimale sur-génère et sous-génère à la fois. La sous-génération est évidente, étant donnée la faiblesse du vocabulaire et des structures grammaticales, mais elle permet aussi de dériver des phrases comme ``Marie aiment la beaux Jean", ce qui montre le besoin de traiter les problèmes d'accord et de rection.
Un deuxième type de grammaire formelle permet donc de gérer ces problèmes : ils'agit en fait d'un raffinement des catégories grammaticales, en tenant compte du genre et du nombre par exemple, avec l'utilisation de Nsing (Nom singulier), Nfém (Nom féminin), etc. Les règles tiennent alors compte des accords, comme par exemple GN [pic]la + Nfém.
Ainsi, en multipliant les règles et les entités manipulées, l'analyse syntaxique s'affine, mais la complexité du traitement augmente...
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