Systeme bancaire maroc

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  • Publié le : 25 juin 2010
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Chapitre introductif : Ajustements financiers et comportements micro-économiques des banques marocaines

      Depuis maintenant presque vingt ans, le Maroc, à l'image de nombreux pays en développement, s'est engagé dans des programmes de stabilisation et d'ajustement visant à corriger les déséquilibres dont souffre l'économie et à encourager le processusd'industrialisation. De 1983 à 1993 ces réformes étaient mises en place sous l'impulsion des institutions de Bretton Wood (FMI 1  et Banque Mondiale) dans le cadre de Programmes d'Ajustements Structurels. Depuis lors, le Maroc continue cet effort. Cependant, les différentes mesures mises en oeuvre n'ont pas eu les effets escomptés et n'ont pas permis une réelle dynamique de croissance.
      Ce chapitreintroductif se propose de présenter dans une première section ces réformes et plus particulièrement les modalités de leur application sur le marché financier marocain 2 . Une évaluation de leurs résultats est ensuite esquissée dans la deuxième section, soulignant les conséquences de la non prise en compte des comportements micro-économiques des banques dans la formulation des politiques mises en oeuvre. Latroisième section présente la base de données d'entreprises qui sera utilisée pour l'analyse appliquée au Maroc. Enfin, la mise en évidence de faits stylisés caractérisant le secteur financier marocain permet de proposer dans la quatrième section les axes de recherche vers lesquels s'oriente l'étude des conséquences micro-économiques de la déréglementation financière.
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Section 1 Ledésengagement progressif de l'Etat sur le marché du crédit

      Jusqu'au milieu des années 80, le Maroc a poursuivi une stratégie de développement où l'Etat jouait un rôle central. Officiellement, une des fonctions du secteur financier était de collecter une épargne à faible coût et de l'allouer au gouvernement, aux entreprises publiques et à des secteurs jugés prioritaires. Avec la mise en place duprogramme d'ajustement structurel en 1983, la libéralisation financière apparaît comme un élément central de la réussite de ce programme. Cette volonté de réduire l'intervention de l'Etat était motivée par l'inefficacité supposée du système financier administré à assurer une croissance durable. En 1990, à la veille de nombreuses réformes financières, trois éléments clés sont à noter.      Premièrement, la structure par termes des crédits était largement en faveur du court terme. En effet, 77% des crédits alloués par les banques (commerciales et institutions financières) sont à court terme, 17% à moyen terme et seulement 5% à long terme 3 . Ce financement à court terme de l'économie marocaine est vu comme une faible prise de risque de la part des banques alors contrôlées. Pour les consultantsd'Ernst & Young (1989), cette préférence pour les crédits à court terme s'explique par les réglementations qui empêchent les banques de fixer une prime de risque suffisante pour pouvoir prêter à des taux à moyen ou long terme. Comme le note pertinemment El Bakkali (1995), c'est le système productif qui joue le rôle de transformation traditionnellement dévolu aux banques. En effet, les entreprisesfinancent des investissements de long terme à partir de ressources bancaires de court terme.
      Deuxièmement, comme le constate un rapport de la Banque Mondiale (1994), bien que les archives bancaires indiquent que la plupart des emprunteurs sont généralement surendettés comparés aux directives internationales (ratios d'endettement de 5 ou plus), les données macro-économiques suggèrent quel'économie marocaine dans son ensemble est loin d'être surendettée (le crédit total à l'économie était de 20,5% du PIB en 1990). Ces scénarii mettent en évidence la nécessité d'élargir l'accès au crédit pour les entreprises auxquelles les banques ne prêtent pas. La Banque Mondiale (1994) constate ainsi que la plupart des grandes entreprises bien implantées empruntent trop, par rapport à leur...
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