Tartuffe

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  • Publié le : 17 juin 2010
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Transposition d'une scène de théatre en extrait romanesque :

« -Allez mon ami, faites ce que je vous demande, pour une fois. Il faut prendre ce traitre à son propre jeu !
-Traitre ? Mon ami, mon frère, Tartuffe, un traitre ?! Surveillez votre langage, ma douce, vous risqueriez d’en souffrir…

Sur ces mots, Elmire lève les yeux au ciel, pousse un profond soupir, et se campe d’un pied fermedevant la table de salon, recouverte d’une longe nappe, s’arrêtant juste avant le sol. Orgon la regarde, comprend qu’il ne pourra raisonner sa femme, et se décide, en maugréant, à s’approcher à petit pas de la table.

« Allez, vous dis-je ! Vous ne craignez pas quelques minutes passées sous la table tout de même ? Vous devez vous cacher, pour le bien de notre mission. Nous devons confondre votreTartuffe, je dois vous montrer son vrai visage, vous comprendrez ainsi. Ecoutez, jugez, et ensuite, nous en discuterons mon amie. »

Sur ce, Elmire soulève la nappe, et jette un regard sévère à Orgon, lui indiquant qu’il n’a d’autres solutions qu’obéir, s’il ne veut subir les foudres de sa femme… Il se glisse dont, à quatre pattes, sous la table, jurant tout bas lorsqu’il se cogne le frontcontre un tiroir mal fermé.
Sa femme rabat vite la nappe, la lisse, lorsqu’elle entend des pas lourds dans le couloir. Elle se précipite d’un pas rapide vers un fauteuil, s’y assoit, saisit un livre, posé sur une table basse, en faisant mine d’être plongée dans sa lecture.

La poignée de la porte du salon fut actionnée, et Tartuffe pénétra dans la pièce, dans un large mouvement de bras. Jetant unbref regard dans la pièce, pour vérifier qu’il était bien seul dans la pièce avec Elmire, il s’avança d’un pas lent, presque royal, vers la femme de son « ami » Orgon. Il la dévisagea avec insistance, alors qu’Elmire simulait de ne pas l’avoir entendu, et d’être plongé dans la lecture de son livre…
Tartuffe s’éclaircit la gorge…

« Et bien, on est venu me dire que vous vouliez discuter avecmoi… ?

-En effet, je dois m’entretenir avec vous de toute urgence. Pouvez-vous fermer la porte ? Je crains pour nous deux, si l’on surprend cette conversation. Asseyez-vous mon ami, prenez vos aises. Je ne sais comment vous dire… J’ai eu peur pour vous, mon ami, quand Damis fut pris de cette colère contre votre personne. Ma peur fut si grande, que je ne pu même pas contredire ses accusations, jen’étais plus moi-même. Je voudrais vous avouer, mon regret de m’être ainsi comporté… Je dois dire que je fus prompte à vous repousser… Me pardonnerez-vous un jour ?

-Je crains de ne pas vous comprendre… J’ai cru comprendre auparavant que vous n’étiez pas d’oreille à m’écouter, ni même à comprendre les souffrances de mon pauvre cœur…

-Oh mon ami, ne me tenez pas ce langage, je vous en prie ! Neconnaissez-vous donc pas les femmes ? Oh, j’oublie, un homme aussi dévot que vous ne peux… Ecoutez, nous, les femmes, aimons combattre, et défendre. Aussi, au début, nous nous montrons peu enthousiastes. La pudeur nous retient, nous forçant à combattre nos envies et nos sentiments. Ne prenez pas ombrage mon ami, ma pudeur bat en retraite il me semble… »

Sur cette belle phrase aussi hypocrite querévélatrice du plan d’Elmire, survint un bruit, semblable à une tête qui frappe le bois, ou au fond du tiroir qui frappe avec trop de violence le fond de son casier. Tartuffe sursauta, cherchant la source de ce bruit, alors qu’Elmire, profitant que Tartuffe lui tournait le dos, poussa un tabouret, provoquant un deuxième bruit.

« Que je suis maladroite ! Ciel mon ami, je crains pour vous, ne vousais-je trop fais peur ?!

-N’ayez crainte ma mie, mon cœur se met du baume, par vos douces paroles. Moi qui jamais n’aurais cru atteindre ce tel état de béatitude, mais je me retrouve envolé au 7e ciel, porté par la légèreté et la douceur de vos mots… Courant après vos faveurs depuis longtemps, j’espère avoir réussi à vous montrer tout mon amour, et à obtenir de vous, un signe, un...
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