Terrence malick

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  • Publié le : 19 avril 2011
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D.L.A.
" TERRENCE MALICK "

En seulement quatre films étalés sur plus de trente ans, le réalisateur américain Terrence Malick est devenu une légende du cinéma, l’égal des Stanley Kubrick, Akira Kurosawa, Fritz Lang et autres cinéastes mythiques. Il est le membre le plus insolite de la génération de réalisateurs américains formants ce qu’on appelle la Renaissance d’Hollywood, avec un intérêtpour le visuel qui rappelle les metteurs en scène de l’époque classique, en particulier John Ford, dont Malick partage la fascination pour les compositions symétriques et les vastes paysages. Volontairement secret (il prend un soin obsessionnel à contrôler son image), le Texan laisse son œuvre parler pour lui. Vision panthéiste du monde,portrait d’outsiders magnifiques, plans sublimes sur une nature imperméable à la folie humaine, ses longs métrages tiennent davantage de la poésie que du cinéma traditionnel. Il est un véritable artiste, totalement indifférent aux conventions et au mercantilisme de l’industrie cinématographique américaine.
Avant La Balade sauvage (1973) (prix du meilleur film au festival de San Sebastian),qualifiée par certains critiques américains de "premier film le plus maîtrisé depuis Citizen Kane d’Orson Welles", Terrence Malick avait déjà roulé sa bosse. Né en 1943 à Waco dans le Texas, fils de riches exploitants de pétrole, "Sparky", comme on le surnomme, voue très tôt une passion pour la philosophie. Diplômé de Harvard et d'Oxford, excusez du peu, il étudie les textes de Kierkegaard, Wittgensteinet Heidegger qui l’ont profondément marqué. Il traduit même l’œuvre de ce dernier, Le Principe de la raison. Déjà perfectionniste, il exige de l’éditeur Northwestern University Press que le texte original figure également dans le livre. Parallèlement à ces études, Terrence Malick travaille comme photographe pour Life, Newsweek, The NewYorker, apprend le métier de metteur en scène à l'American Film Institute aux côtés de David Lynch, et signe quelques scénarios pour le cinéma sous le pseudonyme de David Whitney ; des expériences diverses et variées qui nourrissent ses films à venir. Le cinéma est une « pure expériencesensitive », il ne le conçoit pas autrement. Son premier film La Balade sauvage contient déjà les grands thèmes malickiens: l’errance amoureuse, l’opposition entre la société et la nature, la folie humaine. On peut également parler de l’un des styles les plus typiques de l’œuvre de Terrence Malick, la « narration décentrée ». Il s’agit selon Michel Chion d’une voix-off qui « ne recoupe pas exactementce qu’on voit et manifeste une connaissance des faits différente et désaxée par rapport au récit »

Terrence Malick commence une carrière cinématographique classique. Après La Balade sauvage, Les Moissons du ciel (1978), vient confirmer son talent singulier. Prix de la mise en scène à Cannes en 1979, son deuxième long métrage est un cuisant échec financier mais l’installe dans un confortablehabit d’auteur culte. Malgré les pertes financières, la Paramount lui offre un contrat en or pour mettre en scène n’importe quel projet. Malick envisage alors de modifier la donne à Hollywood. Déjà, sur le tournage des Moissons du ciel, son goût pour le travail sans script ni filet, son exigence pour traquer la lumière et son souci extrême du détail avaient allongé les délais de tournage et alourdila note. Pour Q, le rêve d’un Dieu qui vit sous l’eau et imagine le monde, il consulte biologistes, paléontologues, astrophysiciens et désire prendre son temps. Le studio finit néanmoins par lui demander quelques comptes. L’artiste se braque et file à Paris conter fleurette. La parenthèse...
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