Test

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 16 (3758 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 juillet 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Dette extérieure et croissance
À condition d’être contenus dans des limites raisonnables, les emprunts extérieurs utilisés pour financer l’investissement productif tendent à accélérer la croissance. Passé ce seuil, toutefois, l’accumulation de dettes nouvelles risque de freiner l’expansion. Une étude du FMI analyse deux moments critiques du processus : lorsque l’accroissement de la detteralentit la croissance, puis lorsque sa contribution devient négative et aggrave la situation du pays.

Catherine Pattillo Hélène Poirson et Luca Ricci

A

U COURS des trente dernières années, les pays en développement ont bénéficié de prêts considérables, assortis souvent de conditions très concessionnelles (graphique 1), qui devaient permettre leur décollage rapide en favorisant l’investissementet en accélérant la croissance. Mais, devant les sommets atteints par les ratios d’endettement dans les années 80, un constat s’est imposé : pour de nombreuses économies, et en particulier pour quelques pays d’Amérique latine à revenu intermédiaire, le remboursement de la dette serait non seulement un frein aux performances, mais une tâche quasiment impossible. Le FMI et la Banque mondiale ontdonc lancé, au milieu des années 90, l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), qui devait ramener la dette de ces pays — dont beaucoup sont en Afrique subsaharienne — à des proportions viables. Malgré l’importance de cette question et l’intérêt qu’elle a suscité des horizons les plus divers (le Pape lui-même l’a évoquée, mais aussi des stars du rock), décideurs et analystes n’ontqu’une connaissance imparfaite du sujet.
Finances & Développement / Juin 2002

• Au-delà de quel seuil la dette extérieure compromet-elle les performances économiques? • Peut-on chiffrer l’incidence de la dette sur la croissance des pays en développement? • L’impact de la dette sur l’expansion est-il non linéaire ou, en d’autres termes, l’effet d’un alourdissement de la dette dépend-il, parexemple, de l’encours de celle-ci? • Par quels canaux la dette influe-t-elle sur la croissance? • Quel bénéfice peut-on attendre, en matière de croissance, d’un allégement de la dette au titre de l’initiative PPTE? Nous nous sommes efforcés de répondre à ces questions à partir d’un échantillon qui regroupe près d’une centaine de pays en développement suivis sur une période de trente ans. Les paystributaires des exportations pétrolières, ceux dont la population est inférieure à 400.000 habitants et les économies en transition sont exclus de cette analyse.

Les enseignements de la théorie La théorie suggère que l’emprunt, contenu dans des limites raisonnables, peut aider les pays en développement à affer-

32

mir leur croissance. Les économies qui en sont au stade initial de leurdéveloppement disposent d’un stock de capital limité et offrent souvent des possibilités d’investissement plus rentables que les économies matures. Aussi longtemps qu’elles emploient les capitaux empruntés pour financer des investissements productifs et échappent à certains maux (instabilité macroéconomique, adoption de mesures faussant les incitations, chocs de grande ampleur), leur croissance devraits’accélérer et leur permettre de rembourser à l’échéance les dettes contractées. Cela reste vrai dans le cadre des théories fondées sur l’hypothèse, plus réaliste, que les pays ne sont pas toujours en mesure d’emprunter à leur gré, car le marché craint qu’ils répudient leurs dettes. Mais pourquoi l’accumulation de lourdes dettes freinet-elle la croissance? L’explication la plus connue est avancéedans les théories du «surendettement» : si l’on peut penser que la dette future dépassera les capacités de remboursement des pays débiteurs, le coût de son service découragera les investissements intérieurs et extérieurs, pénalisant ainsi la croissance. Craignant que la production soit «taxée» au fur et à mesure par les créanciers au titre du service de la dette, les investisseurs potentiels...
tracking img