Texte de hegel : "notre esprit demande l'universel."

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  • Publié le : 15 septembre 2010
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Correction de l’explication de ce texte de Hegel.


« La nature nous montre une multitude infinie de figures et de phénomènes singuliers ; nous éprouvons le besoin d’apporter de l’unité dans cette multiplicité variée ; c’est pourquoi nous faisons des comparaisons et cherchons à connaître l’universel qui est en chaque chose. […] En font partie les lois, ainsi par exemple les lois dumouvement des corps célestes. Nous voyons les astres aujourd’hui ici, et demain là-bas ; ce désordre est pour l’esprit quelque chose qui ne lui convient pas, à quoi il ne s’en remet pas, car il a foi en un ordre, en une détermination simple, constante et universelle. C’est en ayant cette foi qu’il a dirigé sa réflexion sur les phénomènes et qu’il a connu leurs lois, fixé d’une manière universelle lemouvement des corps célestes de telle sorte qu’à partir de cette loi, tout changement de lieu se laisse déterminer et connaître. Il en va de même avec les puissances qui régissent l’agir humain dans sa variété infinie. Ici aussi l’homme a foi en un universel exerçant sa domination. De tous ces exemples on peut conclure comme (note : « à quel point ») la réflexion est toujours à la recherche de ce quiest fixe, permanent, […] et de ce qui régit le particulier. Cet universel ne peut être saisi avec les sens et il vaut comme ce qui est essentiel et vrai. »


G. W. F. Hegel





Si nous admettons la vérité des lois scientifiques, ce qu'elles enseignent peut éventuellement nous paraître bien éloigné de ce que nous voyons quotidiennement. Tout en connaissant la loi de la chute descorps, on peut être étonné en pensant qu'elle régit aussi la chute irrégulière d'une feuille d'arbre. C'est que les phénomènes quotidiens nous assaillent par leur variété, alors que les lois sont universelles. Hegel analyse dans ce texte la relation qui existe entre le particulier et l'universel, mais il en profite pour souligner qu'en fait, notre esprit demande l'universel, qui est synonyme devérité située au-delà des apparences.




Le spectacle que nous offre la nature est d'une infinie diversité : chaque être y affirme sa singularité (le chien que j'ai vu passer tout à l'heure ne ressemble pas à celui que je croise maintenant ; tous les individus que je vois ont des visages, des allures, des gestes dissemblables ; les fleurs se distinguent par leurs tailles, leurs couleurs,leurs formes, etc.). Cette variété peut être satisfaisante pour la perception, parce qu'elle lui apporte des plaisirs toujours inattendus et renouvelés, mais l'esprit ne peut s'en contenter. L'esprit éprouve un besoin d'unité, qui se manifeste quotidiennement dans les concepts ou les mots que nous utilisons. Concepts et mots qui, ainsi que le dit Hegel, résultent de « comparaisons » effectuées entreles choses et expriment l'universel qui s'y trouve.
Comparer les phénomènes, c'est en extraire ce qu'ils ont de commun : dire « l'arbre », c'est considérer que tous les arbres peuvent se ranger, malgré leur variété apparente qui « saute aux yeux », sous une appellation précisément qualifiée de « commune », qui rassemble les caractères qu'ils partagent : « arbre » évoque nécessairement laprésence d'un tronc, de branches, de feuilles - dont les dimensions ou les couleurs n'ont pas besoin d'être davantage précisées. Le saut qualitatif de la perception au mot marque une progression vers l'universel. C'est donc déjà très quotidiennement, par notre langage, que nous nous éloignons de la variété sensible.
On peut donc considérer de façon légitime qu'il y a dans l'esprit humain unetendance (un « besoin ») à chercher l'unité derrière la diversité, pour avoir affaire à un monde déjà mieux ordonné, qui nous semble obéir à un ordre régulier et constant.


Il n'y a, disait déjà Aristote, de connaissance que de l'universel. La connaissance scientifique énonce en effet l'universel dans ses lois. L'exemple utilisé par Hegel a ceci de judicieux qu'il concerne les débuts...
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