Texte platon

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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Explication du texte de Platon, extrait de La république, livre VI



Le texte qui nous est ici proposé est issu du livre VI de La république, ou de la justice, composé par Platon (athénien né en 427 et mort en 347 avant J.C.). Ce livre traite de la forme qu'il faudrait donner à la cité (polis), c'est-à-dire quel gouvernement et quelles institutions lui conférer, afin qu'ellefût juste. L'on sait que chez les Grecs il était courant que les sages donnent des constitutions aux cités, ainsi de Solon, l'un des "Sept Sages", pour Athènes.
Or Platon n'entend pas laisser la constitution d'une cité aux hasards des opinions et des apparences. Il ne s'agit pas de faire ce qui paraît bien (comme le font les sophistes, qui rivalisent de dextérité pour plaire à la foule enleur présentant de bonnes apparences), mais ce qui est bien. Dès lors le problème de Platon sera de démontrer comment il est possible de connaître le bien, afin que celui qui gouverne la cité puisse imposer le bien, dont il aura pris connaissance.
C'est précisément le thème de l'extrait que nous allons analyser; c'est la question du rapport de l'âme avec le bien, comme enjeu d'unevéritable théorie de la connaissance pour Platon.
Celui-ci affirme ici que ce rapport est semblable à celui qu'entretient l'oeil avec le soleil. Il s'agit donc d'une analogie, ce qui pourrait laisser penser que ce texte est d'un genre rhétorique (voire poétique), mais nous montrerons qu'il n'en est rien, car cette analogie est essentielle. Aussi peut-on parler ici de véritable démonstration(même s'il ne s'agit pas du même type de démonstration que celle qu'emploie le géomètre, qui procède "par hypothèse" (voir le Ménon, 87a)).
Ainsi l'enjeu de ce passage est-il la possibilité même de la justice, en ce que le gouverneur doit pouvoir connaître le bien en toute vérité. La justice apparaîtra en effet en dernier ressort comme étant l'ordre : chaque individu de la société doit tenirsa place et son rang. La question est donc, pour celui qui gouverne, de connaître cette place. L'on sait combien cette justice est chère à Platon, qui a vu dans sa jeunesse (en 399 av. J.C.) la plus grande injustice : la condamnation à mort de Socrate, son maître, par la cité d'Athènes (voir l'Apologie de Socrate et le Phédon). Aussi n'est-il pas indifférent, ici plus que jamais, de voir Socratedans le "rôle" de celui qui va démontrer qu'il est possible de connaître le bien, condition même de la (vraie) justice (par opposition au verdict rendu contre Socrate qui fut une erreur de justice).
Pour établir sa théorie de la connaissance, Platon, via Socrate, va procéder en trois temps :
Dans un premier temps, Socrate va procéder à une analogie entre le regard de l'oeil et le"regard" de l'âme, la lumière étant en ce sens comparée à la vérité et l'être (ce sont les trois premières répliques, avec les réponses de Glaucon, allant des lignes 1 à 14).
Dans un second temps, Socrate poursuit cette analogie au sujet de la source de la lumière/vérité : le soleil est alors comparé au bien (c'est la quatrième réplique de Socrate, sans la réponse, qui va des lignes 15 à24).
Dans un troisième temps, l'analogie est complétée par deux précisions. D'une part le bien n'est pas assimilable au plaisir. D'autre part le soleil est bien distingué de la lumière, qu'il produit, comme le bien l'est des essences, qu'il génère.

***

Socrate commence avec la constatation prosaïque selon laquelle les objets, dans la nuit, sont mal perçus par nosyeux, et paraissent donc indistincts. Cela est bien sûr dû au manque de lumière.
Les thèmes de la lumière et de la vue sont, pour les grecs, capitaux. D'abord, bien sûr, la Grèce est un pays baigné par le soleil, et les poètes grecs ont souvent loué cette lumière "divine" (Homère, Pindare). Mais surtout, les grecs avaient une conception de la vue bien différente de la nôtre. Depuis la...
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