Textes de ch. baudelaire, t. gautier, t. corbière, j. roubaud, g. apollinaire (sujet complet)

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  • Publié le : 16 décembre 2010
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Singularité de la poésie et du poète
s Corrigé des questions
p Question 1 Les poèmes du groupement, qui ont pour sujet la définition de la singu-
larité du poète, reposent tous sur des images, mais elles sont de nature dif- férente.
• Les poèmes A, B et D sont construits autour d’une comparaison que leur structure met bien en valeur. En effet dans « L’albatros » et « Le pin des Landes », lestrois premières strophes présentent le comparant qui donne son titre au poème, et la dernière strophe introduit le comparé, le Poète ; dans « Le lombric », le comparé (le poète encore) est mentionné dès le début de la troisième strophe. Ces comparaisons reposent sur des mots-outils de comparaison divers: «le poète est semblable...», «le poète est ainsi...», «le poète est comme...».
• Cependant,une fois le comparé nommé, le poète rappelle encore le comparant par un lexique qui lui est attaché (« se rit de l’archer, ailes » pour « L’albatros » ; « Landes du monde », « entaille profonde » pour « Le pin des Landes » ; « laboure, grand champ, récoltent, la terre, lombric » dans le poème de Jacques Roubaud).
Dans les poèmes C et E, les mots-outils de comparaison ont disparu et c’est alors unemétaphore qui assure la structure des poèmes. Dans « Le crapaud », la description du comparant se prolonge jusqu’à l’avant-der- nier vers ; seul le dernier vers dévoile le comparé : « moi », autrement dit Tristan Corbière, le poète qui, par le biais du verbe « c’est », est identifié totalement au crapaud.
• Dans le calligramme «La colombe poignardée» d’Apollinaire enfin, la métaphore secomplique: elle se fait dessin, le graphisme et la mise en page figurent la colombe ; en outre, le comparé n’est pas même nommé (on ne saurait que faire des conjectures sur ce que représente la colombe).
p Question 2 Ces poèmes, s’ils ont une structure très proche, n’appartiennent pas
tous au même registre. • Les trois premiers poèmes et le calligramme ont des accents pathé-
tiques par les hyperbolesqu’ils contiennent (on relèvera à titre d’exemples, les «huées» qui s’abattent sur l’albatros; la «plaie au flanc» le verbe «assas-
sine», l’«entaille profonde» dans «Le pin des Landes»; «horreur» dans «Le crapaud » ; « poignardée » dans « La colombe poignardée ») ; on remarque aussi les exclamations, notamment dans le dernier vers du « Pin des Landes » et dans les deux dernières strophes du «Crapaud ». Les images souvent violentes redoublent l’émotion («un chant... enterré», «exilé... au milieu des huées», «son sang coule goutte à goutte...»).
• À ce pathétique s’ajoute un registre lyrique, particulièrement dans « Le crapaud » qui se termine sur un pronom personnel tonique « moi », inclus dans une exclamation, et progresse selon un rythme heurté au groupe parfois ternaire («Horreur!»trois fois). Par ailleurs il est transpa- rent que les auteurs présentent ici leur propre image et exhalent leurs sentiments blessés : le lexique affectif jalonne ces textes (« piteusement, honteux, larmes, blessé, horreur, froid, pleure, s’extasie»).
• Le texte de Jacques Roubaud, auteur membre de l’Oulipo qui se plai- sait à la parodie et aux jeux de langage, est lui exempt de pathétique etappartient au registre humoristique. En effet, par son ton emphatique (le lombric, petit animal qui n’a pas la majesté de l’albatros, accède à un rang solennel de comparant du poète), par l’imitation qu’il trahit de ses « modèles » illustres (Baudelaire ou Leconte de Lisle qui a écrit un «Condor»), par le jeu de mot entre le nom de l’animal et le vers poétique, le poème prend un ton parodique amusé,ludique. Le fait que la structure du poème soit claquée sur celle de «L’albatros» et du «Pin des Landes», mais aussi que la description du lombric s’étire véritablement sur trois longues strophes sont des clins d’œil vers le lecteur averti. La thématique du poète, être que l’on ne semble pouvoir définir que par comparaison ou métaphore, tant il est singulier, se trouve donc déclinée, au fil des...
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