Textes oral bac francais : la peau de chagrin : epilogue (balzac)

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  • Publié le : 15 août 2011
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Et que devint Pauline ?
− Ah ! Pauline, bien. Etes−vous quelquefois resté par une douce soirée d'hiver devant votre foyer
domestique, voluptueusement livré à des souvenirs d'amour ou de jeunesse encontemplant les rayures produites par le feu sur un morceau de chêne ? Ici la combustion dessine les cases rouges d'un damier, là elle miroite des velours ; de petites flammes bleues courent,bondissent et jouent sur le fond ardent du brasier. Vient un peintre inconnu qui se sert de cette flamme ; par un artifice unique, il trace au sein de ces flamboyantes teintes violettes ou empourprées unefigure supernaturelle et d'une délicatesse inouïe, phénomène fugitif que le hasard ne recommencera jamais : c'est une femme aux cheveux emportés par le vent, et dont le profil respire une passiondélicieuse : du feu dans le feu ! elle sourit, elle expire, vous ne la reverrez plus. Adieu fleur de la flamme, adieu principe incomplet, inattendu, venu trop tôt ou trop tard pour être quelque beau diamant.− Mais Pauline ?
− Vous n'y êtes pas ? je recommence. Place ! place ! Elle arrive, la voici la reine des illusions, la
femme qui passe comme un baiser, la femme vive comme un éclair, comme luijaillie brûlante du ciel, l'être incréé, tout esprit, tout amour. Elle a revêtu je ne sais quel corps de flamme, ou pour elle la flamme s'est un moment animée ! Les lignes de ses formes sont d'une puretéqui vous dit qu'elle vient du ciel. Ne resplendit−elle pas comme un ange ? n'entendez−vous pas le frémissement aérien de ses ailes ? Plus légère que l'oiseau, elle s'abat près de vous et sesterribles yeux fascinent ; sa douce, mais puissante haleine attire vos lèvres par une force magique ; elle fuit et vous entraîne, vous ne sentez plus la terre. Vous tressaillez de tous vos nerfs, vous êtestout désir, tout souffrance. O bonheur sans nom ! vous avez touché les lèvres de cette femme ; mais tout à coup une atroce douleur vous réveille. Ha ! ha ! votre tête a porté sur l'angle du lit, vous...
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