Textes poetique sur le voyage

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  • Publié le : 1 janvier 2011
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L'invitation au voyageMon enfant, ma soeur,Songe à la douceurD'aller là-bas vivre ensemble !Aimer à loisir,Aimer et mourirAu pays qui te ressemble !Les soleils mouillésDe ces ciels brouillésPour mon esprit ont les charmesSi mystérieuxDe tes traîtres yeux,Brillant à travers leurs larmes.Là, tout n'est qu'ordre et beauté,Luxe, calme et volupté.Des meubles luisants,Polis par les ans,Décoreraientnotre chambre ;Les plus rares fleursMêlant leurs odeursAux vagues senteurs de l'ambre,Les riches plafonds,Les miroirs profonds,La splendeur orientale,Tout y parleraitÀ l'âme en secretSa douce langue natale.Là, tout n'est qu'ordre et beauté,Luxe, calme et volupté.Vois sur ces canauxDormir ces vaisseauxDont l'humeur est vagabonde ;C'est pour assouvirTon moindre désirQu'ils viennent du bout du monde.-Les soleils couchantsRevêtent les champs,Les canaux, la ville entière,D'hyacinthe et d'or ;Le monde s'endortDans une chaude lumière.Là, tout n'est qu'ordre et beauté,Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire
SaltimbanquesDans la plaine les baladinsS'éloignent au long des jardinsDevant l'huis des auberges grisesPar les villages sans églisesEt les enfants s'en vont devantLes autres suiventen rêvantChaque arbre fruitier se résigneQuand de très loin ils lui font signeIls ont des poids ronds ou carrésDes tambours des cerceaux dorésL'ours et le singe animaux sagesQuêtent des sous sur leur passage

Guillaume Apollinaire

Brise Marine
La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres. Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écumeinconnue et les cieux! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai! Steamer balançant ta mâture, Lève l'ancre pour une exotique nature! Un Ennui, désolé par les cruels espoirs, Croit encore à l'adieu suprême desmouchoirs! Et, peut-être, les mâts, invitant les orages Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots... Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots!
Stéphane Mallarmé

Soleil couchant
Le soleil s'est couché, cocarde de l'azur! C'est l'heure où le fellah, près de sa fellahine, Accroupi sur sa natte, avec son doigt impur, De son nombrilsquameux épluche la vermine.
Dans la barbe d'argent du crasseux pèlerin Dont le chauve camail est orné de coquilles, Ivre et fou de printemps, le pou chante un refrain, Plus heureux que le roi de toutes les Castilles.
Sur les rives du Nil, le goitreux pélican Songe à la vanité morne de toutes choses Avec des airs bourrus, comme Monsieur Renan; Sur une patte, auprès, rêvent les flamants roses.Déjà sortent du fleuve, étincelant miroir, Les crocodiles bruns, Sur les berges vaseuses Ils viennent aspirer, dans la fraîcheur du soir, Les souffles d'air chargés de senteurs capiteuses.
Cependant qu'à Paris, sur sa porte arrêté, Le ventre en bonne humeur, mon gros propriétaire Ricane du bohème au jabot non lesté, Tourne béatement ses pouces - et digère,
Jules Laforgue

J'arrive où jesuis étranger Rien n'est précaire comme vivre Rien comme être n'est passager C'est un peu fondre comme le givre Et pour le vent être léger J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière D'où viens-tu mais où vas-tu donc Demain qu'importe et qu'importe hier Le cœur change avec le chardon Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe Touche l'enfance de tes yeux Mieuxvaut laisser basses les lampes La nuit plus longtemps nous va mieux C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne Mais l'enfant qu'est-il devenu Je me regarde et je m'étonne De ce voyageur inconnu De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence Mais pas assez vite pourtant Pour ne sentir ta dissemblance Et sur le toi-même d'antan Tomber la poussière du...
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