The beatle mania

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  • Publié le : 6 décembre 2010
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Analyse du phénomène de la Beatlemania [modifier]

La beatlemania est un phénomène d’ampleur considérable et à plusieurs facettes. La jeunesse prend goût à se coiffer et s’habiller à la Beatles, comme en témoignent les photos de rues de l’époque. Des disquaires se spécialisent sur les seuls disques des Beatles. Pour mieux gérer ses stocks la société EMI/Parlophone propose même laprésouscription si l’on désire réserver son exemplaire du prochain disque (avant même qu’il ne soit sorti, ou que quiconque sache à quoi il va ressembler).

L’atmosphère hystérique des concerts les rend parfois à la limite de l'inaudible ; le premier ministre britannique remarque néanmoins que ces artistes sont pour le pays une excellente « exportation », y compris en termes d’image : celle de jeunes genssouriants, polis, bien habillés, et pleins d’un humour très britannique lors des interviews. Ils sont décorés par la reine du Royaume-Uni, le 12 juin 1965, de la médaille de Member of the British Empire (MBE). C’est en fait la plus basse des décorations. Qu’importe ! Certains MBE, froissés, renvoient par dépit leur propre croix à la Reine. Quant aux vrais honneurs, ils arriveront beaucoup plus tard,quand James Paul McCartney (ainsi que, côté Stones, Mick Jagger) seront anoblis et d'ailleurs châtelains.

Ils profitent des grands débuts de l’ère de la communication, donnent des concerts dans des salles de plus en plus grandes, se servent de l’essor de l’industrie musicale et de la télévision avec des émissions de plus en plus regardées par un public essentiellement composé des jeunes de tousles pays : les Beatles sont ainsi les premiers à passer dans une émission diffusée en « Mondovision » le 25 juin 1967 (avec la chanson All You Need Is Love).

Depuis 1965, les Beatles ne chantent pratiquement plus qu’en play-back à la télévision et Paul s’en explique : « Nous faisons un très important travail de studio, corrigeant inlassablement la moindre imperfection avec une précisionmaniaque. Pas question d’offrir aux téléspectateurs, alors que ce son existe, un autre son déformé par les mauvais studios des plateaux de TV ». Toujours en 1965, les Beatles prennent la résolution de ne plus donner d’autographes : « Nous n’avons tout simplement pas assez de bras, et nous devons tout de même pouvoir utiliser nos guitares de temps en temps ! ».

Derrière le succès, outre la qualité deschansons, un marketing sans faille : on essaie de mettre dans chaque album une chanson qui plaît à la génération précédente (Till There Was You, You Really Got a Hold on Me ; Besame Mucho restera dans les cartons ; voir cependant l'épisode des Bandes Decca) ainsi qu'un standard du rock (Kansas City) de Little Richard en 1959[1].

Pour ne pas se faire cataloguer comme « Mods » et perdre le publicdes « Rockers », Brian Epstein a une idée : les Beatles, retrouvant un moment le cuir de leurs débuts, sortent un disque de quatre titres de rock « pur et dur » (Matchbox, I Call Your Name, Long Tall Sally, et Slow Down) qui doit être le « disque des initiés » et montre « ce que les Beatles savent vraiment faire quand ils le veulent ». Satisfaits par cet os à ronger, les rockers ne dénigrerontplus les Beatles eux-mêmes, mais les fans qui achètent leurs autres disques et ne sachant pas ce qu’est la vraie musique des Beatles, qui ont montré qu’ils savaient faire bien mieux que de la pop. La présence d’un « standard de rock » deviendra pour se concilier ce public (mais aussi pour se faire plaisir) un incontournable des albums.[2]

Dans le film A Hard Day's Night, tourné en noir et blancpour ne pas coûter trop cher, mais aussi pour masquer le fait qu’ils n’ont pas la même couleur de cheveux, et confié à Richard Lester, les Beatles orchestrent habilement leur propre légende, avec un humour très britannique. Cet humour devient délirant avec Help!, à l’été 1965 (couleurs), où les Beatles se moquent d’eux-mêmes. On va jusqu’à les comparer aux Marx Brothers, ce que John estime...
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