Theatre et interaction

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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Le dialogue de théâtre et ses conventions discursives

Si l’on étudie le dialogue de théâtre comme interaction verbale, on doit prendre en considération en même temps l’aspect dramaturgique et l’aspect linguistique de cette forme de discours, pourtant on doit évaluer les écarts entre le champ théâtral et le champ conversationnel.
La conception dramaturgique de l’action et de la communicationmet en œuvre des concepts spécifiques au spectacle théâtral : acteur, rôle, masque, scène, public. Quant au côté pragmatique, on a affaire à une chaîne d’émetteurs et de récepteurs, à la pluralité des interlocuteurs, à l’aspect oral, au rôle du contexte, aux déictiques, aux lois de discours, au contenu implicite.
Le dialogue de théâtre ne se borne pas à un simple échange entre les personnages,il doit être envisagé comme un échange double d’un locuteur à son allocutaire, mais on vise aussi le récepteur spectateur, c’est pourquoi le locuteur s’adresse non seulement à son allocutaire direct, mais au destinataire second le spectateur. Il s’agit d’une double énonciation où la communication joue sur deux axes : interne (personnages – personnages) et externe (auteur – lecteurs/public). Lepublic/le lecteur est le véritable destinataire des paroles échangées, il surprend des conversations qui ne lui sont pas adressées, étant par définition un « récepteur additionnel ».
Le texte de théâtre est une preuve authentique du langage, les interactions entre les personnages peuvent être étudiées comme des échanges conversationnels réels et même si certains dialogues de théâtre sont écritscomme s’ils étaient dits, on y remarque l’absence des bégaiements, des hésitations, des reprises non délibérées, de syntagmes ou de phrases inachevés, des ruptures de construction, des éléments phatiques, des lapsus ou des reformulations.[1]
Le texte théâtral est écrit pour être dit, le langage théâtral imite la langue parlée et ce fait est souligné par l’utilisation exclusive du style direct. Lesseules parties du texte de théâtre qui relèvent de la langue écrite sont les didascalies. Les didascalies se rapportent à la mise en scène et renseigne sur l’attitude des personnages, leur diction et leur intonation, leur position physique, les jeux des lumières, les décors.
Par le dialogue au théâtre on observe les mécanismes de la conversation ordinaire et le fonctionnement des lois dediscours qui sont toujours transgressées comme dans toute conversation habituelle. Ainsi, l’échange verbal est gouverné par des lois implicites - les lois du discours qui sont appelées par Grice maximes conversationnelles[2] et par d’autres postulats de conversation. On va employer ici le terme d’O. Ducrot, lois de discours[3]. Ces lois jouent un rôle essentiel dans l’interprétation des énoncés etdéfinissent une sorte de compétence pragmatique ou compétence rhétorique. Ces lois sont une sorte de code de bonne conduite des interlocuteurs, des normes qu’on respecte lorsqu’on joue le jeu de l’échange verbal[4]. En effet, il ne s’agit pas de savoir si les locuteurs respectent toujours ces règles, mais de bien voir que l’échange verbal, comme toute activité sociale, s’appuie sur un contrat tacite. Onparle de contrat, mais ce ne sont pas des conventions explicites et conscientes, mais des conventions tacites qui ne sont pas des règles obligatoires et inconscientes qui régissent la morphologie ou la syntaxe.
Ces lois de discours sont définies par Ducrot[5] comme des normes imposées à l’énonciation, c’est-à-dire à l’emploi des phrases, à la production des énoncés.
Grice met en œuvre etutilise les notions de principe de coopération et de maxime de conversation.
L’idée de coopération peut être explicitée par quatre catégories générales, liées à la quantité d’information fournie, à son caractère véridique, à sa pertinence et à la manière dont elle est formulée ; ces catégories sont nommées maximes de conversation.
Les maximes de quantité présupposent que la contribution du...
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