Theatre

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1955 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 17 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Dissertation rédigée

Sujet : Phèdre est-elle coupable ou innocente?

La pièce de théâtre, Phèdre, représente l’apogée de l’œuvre tragique de Racine. Phèdre vient du grec « Phaédras » et signifie « la lumineuse » ou encore « la brillante ». Néanmoins, bien que telle, Phèdre est l’un des personnages raciniens les plus énigmatiques. D’ailleurs, les lecteurs se demandent souvent si Phèdreest maléfique, ou, tout au contraire, innocente des crimes qui lui sont attribués. En d’autres termes, Phèdre est-elle coupable ou innocente? Pour répondre à cette question complexe, nous démontrerons d’abord que Phèdre est coupable, puis vu d’un autre angle, nous mettrons en avant l’innocence de cet être déchiré, et, enfin, nous dépasserons ces deux jugements pour affirmer que Phèdre est unehéroïne tragique.

Examinons, pour commencer, la culpabilité de Phèdre. À première lecture, il paraît évident que Phèdre est bel et bien responsable du mal qu’elle a causé. D’abord, elle est coupable au niveau des sentiments qu’elle éprouve. Son amour pour son beau-fils, Hippolyte, est effectivement un amour frappé d’un double interdit car incestueux et adultère tout à la fois. Citons, à titred’exemple, la réplique de Phèdre dans la scène 3 de l’acte I, réplique dans laquelle Phèdre parle ouvertement à sa confidente de sa flamme coupable : « J’adorais Hippolyte » (v.285). La divinisation d’Hippolyte révèle ainsi non seulement l’intensité de cet amour interdit mais également la substitution d’Hippolyte au dieu même de l’amour, à savoir Eros. De plus, toujours dans la même scène, Phèdrese révèle odieuse puisqu’elle avoue sans détours avoir substitué à l’image du père celle du fils : «  mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père ». La reine place donc le roi dans l’ombre de son beau-fils Hippolyte ! Cela met en exergue les troubles psychiques de Phèdre : en raison de son amour déplacé pour Hippolyte, elle le voit déjà trôner à la place de son époux Thésée.Ensuite, Phèdre est coupable au niveau de ses paroles. En effet, ses aveux et répliques sonnent plutôt comme des poignards lancés en plein cœur de ceux qu’elle aime. Phèdre est indirectement responsable de la mort de sa confidente Œnone. Lorsque cette dernière dit à Phèdre qu’« on ne peut vaincre sa destinée » (IV, 6), Phèdre rejette la faute sur Œnone : « Tes prières m’ont fait oublier mon devoir,j’évitais Hippolyte et tu me l’as fait voir » (IV, 6) ; elle va même jusqu’à la qualifier de « monstre exécrable ». Suite à ces accusations, Œnone part se noyer dans « la mer profonde » (v.1466). En outre, par le biais de la ruse et du mensonge, Phèdre tue indirectement l’homme qu’elle aime, à savoir Hippolyte. Lorsqu’elle lui avoue dans la scène 5 de l’acte II qu’elle brûle pour lui, elle se rendaussitôt coupable et prend alors l’épée de son amant pour se donner la mort : « À défaut de ton bras, prête-moi ton épée. Donne. » Mais finalement, elle gardera l’épée sur elle. Lorsque la reine apprend dans la scène 3 de l’acte III que Thésée est toujours vivant et qu’Hippolyte lui préfère Aricie, elle se servira, par personne interposée, de l’épée qu’elle a sur elle pour accuser injustement Hippolyted’un amour incestueux, comme en témoigne la réplique de Thésée : « Pour parvenir au but de ses noirs amours, l’insolent de la force empruntait les secours. J’ai reconnu le fer, instrument de sa rage. Ce fer dont je l’armai pour un plus noble usage »(IV, 1). Ainsi, Thésée entre dans le jeu de Phèdre et croit à la culpabilité d’Hippolyte, ce qui va finalement entraîner la mort de son fils. Lemensonge de Phèdre devient donc un poison qui tue lentement ses victimes, d’autant plus que les victimes en question sont aimées de Phèdre.

La culpabilité de Phèdre est donc indéniable, mais c’est en remontant aux sources et notamment aux raisons qui ont poussé Phèdre à agir de la sorte, que nous nous apercevons en fait de son innocence.

Nous ne pouvons nier que Phèdre n’est pas...
tracking img