Theorie generale des obligations

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Moussa Traoré prêt pour sa dernière diatribe du 24 mars 1991 qui ne sera pas diffusée. © A2/Archives J.A.
Pour la commémoration du renversement de Moussa Traoré, il y a vingt ans jour pour jour, jeuneafrique.com réédite un document exceptionnel, publié dans J.A. n° 1580 du 10 au 16 avril. Il s'agit d'une déclaration en bambara faite par l'ex-dictateur pendant les dernières heures

de sonrègne, mais qui n'a jamais été diffusée.
Moussa Traoré a bien été chassé du pouvoir, emporté par le torrent de sang qu'il avait lui-même fait verser, en trois jours seulement. Mais le Mali a failli connaître encore pis, encore plus de sang, encore plus de feu, à cause du même Moussa Traoré.

Le signal devait être donné par une déclaration des plus délirantes que l'ancien président avait absolumenttenu à faire le dimanche 24 mars. Il avait tempêté pour obliger les techniciens de la Radio Télévision du Mali et ses propres conseillers à l'enregistrer. Il a parlé en bambara pour mieux sensibiliser, pensait-il, les couches les plus modestes. Et aussi pour se convaincre que, à l'extérieur, on ne comprendrait pas.

Mais cette déclaration de près d'une heure n'a jamais été diffusée. Parce quedes officiers et des journalistes vigilants en ont ainsi décidé. Les très rares Maliens qui ont pu voir l'enregistrement dont la majorité des nouveaux dirigeants ignorent encore l'existence - ont été suffoqués d'horreur.

Ce document, nous l'avons obtenu et fait traduire par des personnes dont nous préférons taire les noms. Moussa Traoré y démontre qu'il n'a jamais rien compris à ce que sonpeuple espérait, qu'il ne s'est même pas rendu compte du bain de sang qu'il avait organisé. Il avait toujours cru qu'il avait raison. Sans s'apercevoir qu'il l'avait déjà perdue, cette raison. Voici ce document qui devrait servir de leçon d'histoire à ceux qui n'ont pas encore compris que l'Histoire, en marche, est en train de les écraser.
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J'adresse mes condoléances aux familles desdisparus. J'en appelle à tous les Maliens, aux jeunes et aux vieux, aux hommes et aux femmes : je pense sincèrement à ceux qui sont tombés, à tous ceux qui ont été victimes de la tragédie. Dieu ait leur âme et que leur âme repose en paix.

Voici un an, notre parti, l'UDPM, a entamé une réflexion [allusion au débat sur le multipartisme qui avait commencé mi-1990, NDLR]. Le parti a décidé uneconcertation pour trouver un terrain d'entente et permettre ainsi au pays d'aller de l'avant. Les responsables du parti n'ont pas du tout estimé que la perspective du multipartisme était un risque grave à écarter. Mais le parti a décidé qu'il fallait l'expliquer au peuple et à partir de la base parce qu'il s'agit d'une affaire nationale que les seuls dignitaires ne peuvent trancher depuis Bamako. Voilàpourquoi le conseil national du parti s'est réuni en juin 1990. Après ce conseil national ordinaire, on a décidé de poursuivre la réflexion sur le multipartisme et de convoquer un conseil national extraordinaire, qui s'est tenu en août 1990. Tout le monde s'est exprimé pour mieux comprendre, mais aussi pour faire mieux comprendre aux autres. Le bureau exécutif central a donc demandé un examensérieux de la question en vue de dégager un consensus sur le multipartisme.

Mais pendant que se faisait ce travail de réflexion au sein du parti, qui a convoqué le congrès du 28 au 31 mars, des associations politiques se sont créées. Le ministre de l'Intérieur a dit : « Les associations peuvent se créer, mais la loi n'autorise pas la création d'association à caractère politique. » Nous avons doncdit qu'il fallait respecter la loi. Eux [il s'agit bien sûr des dirigeants du Comité de coordination des organisations démocratiques, NDLR], ils nous font des reproches parce que nous avons dit ça et que ce ne devait pas être dit. Ils refusent de respecter la loi, ils feront ce qu'ils voudront. [Un silence menaçant.] Si tu dépasses les bornes, attends-toi à en subir les conséquences.

[Un...
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