Theres raquin

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Émile Zola

THÉRÈSE RAQUIN

(1867)

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Table des matières

Préface de la deuxième édition 5

Chapitre 1 11

Chapitre 2 16

Chapitre 3 22

Chapitre 4 28

Chapitre 5 32

Chapitre 6 39

Chapitre 7 44

Chapitre 8 53

Chapitre 9 58

Chapitre 10 67

Chapitre 11 71

Chapitre 1283

Chapitre 13 90

Chapitre 14 97

Chapitre 15 100

Chapitre 16 102

Chapitre 17 110

Chapitre 18 118

Chapitre 19 123

Chapitre 20 133

Chapitre 21 138

Chapitre 22 151

Chapitre 23 158

Chapitre 24 161

Chapitre 25 169

Chapitre 26 178

Chapitre 27 187

Chapitre 28 193

Chapitre 29 202

Chapitre 30 211

Chapitre 31 220Chapitre 32 230

La polémique entre Émile Zola et Ferragus (Louis Ulbach) 235

L’article de Ferragus, dans « Le Figaro », 23 janvier 1868 : « La littérature putride » 235

La réponse de Zola dans « Le Figaro », 31 janvier 1868 242

Un échange de lettres entre Sainte-Beuve et Émile Zola, à propos de « Thérèse Raquin » 249

La lettre de Sainte-Beuve à Émile Zola, 10juin 1868 249

La réponse de Zola à Sainte-Beuve, 13 juillet 1868 251

À propos de cette édition électronique 254

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Préface de la deuxième édition

J’avais naïvement cru que ce roman pouvait se passer de préface. Ayant l’habitude de dire tout haut ma pensée, d’appuyer même sur les moindres détails de ce que j’écris, j’espérais être compris et jugé sans explicationpréalable. Il paraît que je me suis trompé.

La critique a accueilli ce livre d’une voix brutale et indignée. Certaines gens vertueux, dans des journaux non moins vertueux, ont fait une grimace de dégoût, en le prenant avec des pincettes pour le jeter au feu. Les petites feuilles littéraires elles-mêmes, ces petites feuilles qui donnent chaque soir la gazette des alcôves et des cabinets particuliers,se sont bouché le nez en parlant d’ordure et de puanteur. Je ne me plains nullement de cet accueil ; au contraire, je suis charmé de constater que mes confrères ont des nerfs sensibles de jeune fille. Il est bien évident que mon œuvre appartient à mes juges, et qu’ils peuvent la trouver nauséabonde sans que j’aie le droit de réclamer. Ce dont je me plains, c’est que pas un des pudiquesjournalistes qui ont rougi en lisant Thérèse Raquin ne me paraît avoir compris ce roman. S’ils l’avaient compris, peut-être auraient-ils rougi davantage, mais au moins je goûterais à cette heure l’intime satisfaction de les voir écœurés à juste titre. Rien n’est plus irritant que d’entendre d’honnêtes écrivains crier à la dépravation, lorsqu’on est intimement persuadé qu’ils crient cela sans savoir à proposde quoi ils le crient.

Donc il faut que je présente moi-même mon œuvre à mes juges. Je le ferai en quelques lignes, uniquement pour éviter à l’avenir tout malentendu.

Dans Thérèse Raquin, j’ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J’ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre,entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus. J’ai cherché à suivre pas à pas dans ces brutes le travail sourd des passions, les poussées de l’instinct, les détraquements cérébraux survenus à la suite d’une crise nerveuse. Les amours de mes deux héros sont le contentement d’un besoin ; le meurtre qu’ils commettent est uneconséquence de leur adultère, conséquence qu’ils acceptent comme les loups acceptent l’assassinat des moutons ; enfin, ce que j’ai été obligé d’appeler leurs remords, consiste en un simple désordre organique, et une rébellion du système nerveux tendu à se rompre. L’âme est parfaitement absente, j’en conviens aisément, puisque je l’ai voulu ainsi.

On commence, j’espère, à comprendre que...
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