Therese raquin

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  • Publié le : 1 mai 2011
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Après le meurtre de Camille, les deux complices impunis se marient et vivent avec Mme Raquin. Mais le remords, ou plutôt un " détraquement des sens " s’empare d’eux, anéantit tout désir, leur fait connaître des angoisses terribles et les mène à se haïr, se reprochant mutuellement le meurtre, s’éloignant l’un de l’autre le jour, se battant la nuit. A bout, ils décident secrètement d’en finir enassassinant l’autre. Cette idée les prenant au même moment, ils se surprennent dans leur nouvelle tentative d’assassinat.
Le passage montre Thérèse et Laurent encore caractérisés par leur côté bestial, mais connaissant la naissance d’une humanité par la conscience, et la chute — le suicide — qui leur apporte un soulagement neutralise les symboles du roman réunis au dénouement.
Thérèse et Laurentconservent leurs caractéristiques de " brutes humaines " et sont comparés dans ce passage, à des animaux traqués. Ce n’est pas la réflexion mais la " sensation " qui les prévient qu’ils sont chacun la proie de l’autre, et de " l'approche d'un danger ". A ce moment du texte, les protagonistes n’éprouvent pas encore de sentiments, mot qui se rapporte à l’esprit, mais encore des sensations, mot qui serapporte au corps. " Dominés par leurs organismes ", ce n’est pas la faculté de penser mais l’" instinct " animal qui leur " fait tourner la tête ".
De même, c’est leur corps qui se manifeste lorsqu’ils comprennent le dessein de l’autre, et ils gardent une certaine passivité, comme le montre la phrase dans laquelle c’est le corps qui réagit et où les " héros " sont de simples complémentsd’objets directs : " Une crise [...] les brisa, les jeta dans les bras l'un de l'autre. " Ils sont également comparés à des bêtes car ils adoptent une posture animale de défense et d’attaque ; plus haut, le narrateur a précisé que Thérèse " s'était accroupie " ; plus loin, elle est " pliée ", tandis que Laurent, plus viril, debout, la domine. On dirait bien que le taureau de Jeufosse se retrouve face à lapanthère africaine. Le jeu des regards confirme cette hypothèse ; en effet, comme des bêtes étrangères l’une à l’autre, Thérèse et Laurent se scrutent sans parler, perdus dans une contemplation curieuse : " Ils s'examinèrent ainsi pendant quelques secondes, muets et froids [...] " Jusqu’au moment où ils comprennent, les deux personnages restent confinés dans leur abrutissement bestial.

C’estla découverte de la réciprocité de leur idée qui les transforme soudain en véritables êtres humains, faisant naître en eux la conscience de leurs actes. " Ils comprenaient ", pour la première fois dans le passage où le narrateur emploie un verbe de réflexion. L’imparfait marque la lenteur avec laquelle une telle métamorphose se produit. A partir de là, ils sont non seulement capables de raisonner,d’avoir une " pensée ", mais encore de deviner celle d’autrui : " Chacun d'eux resta glacé en retrouvant sa propre pensée chez son complice. " Leur pensée est subtile, capable de souvenir — " songeant à la vie ", " au souvenir du passé " — : leur permet d’avoir la conscience morale qu’ils n’avaient jamais eue auparavant, et de se juger : " la vie de boue qu'ils avaient menée ", " lâches. " " Ilsse sentirent " " las et écoeurés d'eux-mêmes ".
Leur transformation est aussi caractérisée par la naissance de nouveaux sentiments, plus humains, qu’ils découvrent sans pouvoir les nommer car alors inconnus d’eux : " Il leur sembla que quelque chose de doux et d'attendri s'éveillait dans leur poitrine. " Ils deviennent également capables d’une sincère reconnaissance et d’une appréciation de cettereconnaissance de l’autre : " Ils échangèrent un dernier regard, un regard de remerciement " ; et d’un réel attendrissement, d’une émotion qu’ils se sont eux-mêmes créés, puisqu’ils font ce que des animaux seraient bien incapables de faire : " Ils éclatèrent en sanglots ", " ils pleurèrent. " Leur amour-propre se réveille : " ils se firent pitié et horreur. " Ils se projettent même dans...
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