Therese raquin

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  • Publié le : 4 mai 2011
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Introduction

Emile ZOLA, principal théoricien du naturalisme affirme : « Nous sommes les juges d’instruction des hommes et de leurs passions, c'est-à-dire des moralistes expérimentateurs », ainsi, c’est dans le but d’étudier les pulsions physiques qui déterminent le comportement humain qu’il écrit sa troisième œuvre Thérèse RAQUIN, publiée en 1867.

Ce roman naturaliste traite d’une unionextra conjugale entre deux tempéraments différents ; l’un de nature nerveuse, Thérèse RAQUIN, l’autre de nature sanguine, Laurent.
Ces deux personnages vivent une véritable passion qui inhibe leur raison et les conduit à une pulsion meurtrière : le thanatos.

Le passage que nous allons étudier correspond à « la rencontre entre Thérèse et Laurent ou la naissance d’une passion ». Il s’agit del’apparition du désir lors d’une rencontre fortuite pendant une « réception du jeudi », soirée habituellement ennuyeuse pour Thérèse.

Mais en quoi cet extrait, correspond-il à un discours descriptif très détaillé de l’expression admirative croissante de Thérèse pour Laurent.

Afin de répondre à cette problématique, il est intéressant d’étudier l’importance des regards et de faire émerger leportrait naturaliste et contrasté des personnages.

I - La naissance d’une passion

Lors de la première rencontre des deux personnages, Thérèse est d’abord surprise par Laurent ; elle le voit comme une révélation « elle n’avait jamais vu un homme » l.3, puis elle est envahie d’un trouble, un désir ardent croissant. L’éveil de ses sens est tel, qu’il en devient douloureux « Elle souffrait » l.64.Cela nous indique qu’elle est submergée d’une véritable passion qu’elle ne peut réfréner.

Tout passe d’abord par le regard, elle l’admire. Ici, Thérèse est décrite comme lascive et attentive à la découverte visuelle de Laurent.

En effet, à travers la gradation croissante des regards jetés sur Laurent, comme en témoigne le champ lexical du regard « …regardait le nouveau venu » l.2, « ellecontemplait » l.3, « Elle arrêta un instant ses regards ... » l.5, « Thérèse l’examinait » l.10, « lorsque ses yeux rencontraient… » l.11, Thérèse se sent violemment attirée, jusqu’à perdre la maîtrise d’elle-même elle va jusqu’à « s’oublier » l.6.

Nous avons aussi une hyperbole : Thérèse « … n’avait jamais vu un homme » l.3 qui renforce la nouveauté de cette vision. Ce passage correspond bien àla naissance d’une émotion nouvelle. Cette hyperbole renforce également la fragilité de son mari.

On note ensuite une gradation croissante de la vision avec deux termes mélioratifs « contemplait » et « admiration » l.3 et 4.

La jeune femme est tout d’abord surprise, étonnée même : « Laurent (…) l’étonnait » l.3.
Au fil de l’observation et de l’insistance de ses regards, cet étonnement setransforme en sensations physiques : « éprouvant de petits frissons lorsque ses yeux rencontraient son cou de taureau » l.11 à 12.

Si au début, ce n’est que de « petits frissons », la jeune femme, sous le « regard droit » l.19 de Laurent, éprouve ensuite un trouble plus général : « …une sorte de malaise » l.19. Comme si le regard de Laurent la transperçait au plus profond de sa chair : « ceregard (…) semblait pénétrer en elle » l. 19. Cette douleur physique renforce l’idée que cette rencontre est uniquement basée sur l’expression des sens.
Même la description de l’habillement de Laurent est subjective : « on sentait sous ses vêtements (…), tout un corps d’une chair épaisse »

Ce processus d’attirance organique entre Laurent et Thérèse est également mis en exergue par le fait qu’il seproduise en présence du mari de Thérèse. Cela renforce le côté tragique de la scène ; tragique car elle traduit l’oubli de soi, la perte de la maîtrise de sa pensée, de sa raison, car Thérèse va jusqu’à oublier que cette scène se déroule en présence de son mari ; elle se laisse dominer par sa sensualité.

Pour clore cette partie, nous pouvons constater que dans sa description, ZOLA n’évoque...
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