Therese raquin

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  • Publié le : 13 décembre 2011
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Lecture analytique Zola Thérèse Raquin (chapitre XIII scène de la Morgue: de « Laurent se donna la tâche de passer chaque matin par la Morgue» jusqu’à “C’est à la Morgue que les jeunes voyous ont leur première maîtresse.” (édition Livre de Poche pp. 101-105)) Eléments pour une introduction Emile Zola (1840-1902) avec Flaubert (auteur de Madame Bovary), Guy de Maupassant, les frères Goncourt estun grand romancier du courant qu’on appelle le Naturalisme. Tous sont très admirateurs de l’œuvre de Balzac, qui a écrit un ensemble de romans intitulé La Comédie humaine, reconstituant toute la société française de la première moitié du 19e siècle. Pour Zola, il s’agit de restituer de façon « scientifique » et « objective » la réalité et d’en montrer tous les aspects, y compris les plusdéplaisants : la littérature doit s’intéresser à toutes les classes sociales, à tous les aspects du réel. C’est ainsi que Zola, dans cet extrait du roman Thérèse Raquin publié en 1867 se donne pour défi de décrire dans les détails les cadavres exposés à la Morgue de Paris. Le protagoniste Laurent, qui a tué son ami Camille Raquin afin de pouvoir épouser l’épouse de celui-ci, Thérèse, se rend chaque jour à lamorgue, afin de reconnaître le corps. Laurent, avec la complicité de Thérèse, a en effet, lors d’une promenade en barque à Saint-Ouen, poussé Camille dans l’eau, alors que celui-ci ne savait pas nager. Le corps du noyé n’a toujours pas été retrouvé et Laurent s’est engagé auprès de la mère du défunt de récupérer le corps. Nous verrons dans une première partie en quoi le réalisme de Zola estparticulièrement expressif et saisissant. Dans une seconde partie, nous verrons les limites du réalisme de Zola et les partis pris de l’écrivain. I Un réalisme expressif et saisissant Ces quelques pages du roman sont particulièrement saisissantes en raison de leur réalisme. 1°) L’ancrage dans la réalité Tout d’abord, Zola crée le sentiment du réel, donne l’illusion du non fictif en plaçant sonpersonnage dans un endroit réel de Paris, situé alors en plein coeur de l’Ile de la Cité, près de Notre Dame de Paris. L’utilisation de présents d’énonciation, lorsqu’il s’agit de décrire les activités régulières se passant à la morgue interpelle directement le lecteur contemporain de Zola puisqu’il s’agit d’une réalité censée se passer au moment de la lecture du roman: “La morgue est un spectacle à laportée de toutes les bourses, que se payent gratuitement les passants pauvres ou riches. La porte est ouverte, entre qui veut. Il y a des amateurs qui font un détour pour ne pas manquer une de ces représentations de la mort. Lorsque les dalles sont nues, les gens sortent désappointés, volés, murmurant entre leurs dents. Lorsque les dalles sont bien garnies, lorsqu’il y a un bel étalage de chairhumaine, les visiteurs se pressent, se donnent des émotions à bon marché, s’épouvantent, plaisantent, applaudissent ou sifflent, comme au théâtre, et se retirent satisfaits ». Par ailleurs, la description semble être méthodiquement organisée. Il est tout d’abord question de l’entrée de Laurent dans la morgue et sa vision des choses s’élargit et se précise progressivement : on passe des murs del’établissement aux vitres permettant de découvrir les dalles sur lesquelles reposent les cadavres. Puis est décrit l’arrière plan de cette scène. Zola donne alors des exemples de scènes contemplées par Laurent (les noyés, un noyé en particulier, une jeune fille qui s’est suicidée par pendaison). La narration élargit alors le point de vue en évoquant longuement les visiteurs de la morgue et leurs réactionsà ce spectacle. Pour renforcer le sentiment qu’on a affaire à une reconstitution précise et objective, Zola multiplie les mentions de lieux : « sur les dalles », « l’humidité des murs », « au fond, contre le mur », « l’ensemble blafard des pierres et des murailles », « à gauche du mur », « sur la dernière rangée de dalles », « à quelques pas du vitrage »….Ce souci de précision est confirmé...
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