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  • Publié le : 26 mai 2010
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Les figures de la ressemblance

1. La comparaison

La figure nommée comparaison suppose « un rapprochement imprévu et non nécessaire entre deux réalités différentes, a priori étrangères l’une à l’autre » (Patrick Bacry, Les figures de style, Paris, Belin, 1992). La comparaison entre ces deux réalités différentes est rendue possible par le fait que les deux termes à comparer ont unsème commun, c’est-à-dire un trait de signification commun (par exemple la blancheur, la jeunesse, etc.).
La comparaison comporte trois éléments : le comparé, le mot de comparaison (l’adverbe de comparaison comme, le verbe sembler, certains adjectifs tels semblable, pareil, etc.) et le comparant, selon le schéma suivant :
comparé – mot de comparaison – comparant
Ex. « La musiquesouvent me prend comme une mer ! » (Baudelaire, La Musique)
Autre schéma possible de construction d’une comparaison est :
comme – comparants – (ainsi) – comparé
Ex. Comme la neige est blanche, comme le ciel est sans tache, ainsi son âme était pure.
Obs. 1 : Le comparé et le comparant appartiennent à deux champs sémantiques différents, ils se trouvent en rapport de ressemblance partielle.Obs. 2 : La comparaison, en tant que figure, est toujours positive ; elle met en évidence la ressemblance qui existe entre le comparé et le comparant.
Obs. 3 : On peut comparer des choses, des idées, des faits, des actions, des situations, des qualités.
Obs. 4 : En règle générale, plus le comparé est abstrait, plus le comparant a tendance à être concret.
En introduisant dans le discours unnouveau champ sémantique (qui est celui du comparant), la comparaison permet de donner une nouvelle vision des choses, plus frappante, plus originale, plus riche, d’où la force suggestive de l’image créée par le truchement de la comparaison.

2. La métaphore
Dans le discours littéraire, la comparaison peut fort bien se trouver combinée à la métaphore dans un même énoncé, ces deuxfigures étant apparentées.
Si la comparaison suppose le rapprochement de deux champs sémantiques différents, la métaphore repose sur le mélange des deux champs, celui du mot « normal », dénotatif, et celui du mot métaphorique, connotatif. La métaphore comprend en elle-même, en un seul mot, le sens des deux mots déjà mentionnés. Cela signifie qu’elle suppose une concentration sémantique, unchargement de sens plutôt qu’un changement sémantique. Puisqu’elle repose sur la polysémie et la connotation, cette deuxième figure s’avère essentiellement poétique. Par conséquent, la métaphore dépasse le simple remplacement du mot dénotatif par un autre mot, métaphorique.
En plus, contrairement à la comparaison, la métaphore ne recourt à aucun mot spécifique pour signaler sa présence.
Ex. «La nature est un temple » (Baudelaire, Correspondances)

a. La métaphore explicite ou par combinaison est d’habitude celle formée par une apposition, dont les deux termes sont présents explicitement dans le discours.
Ex. « Bergère ô tour Eiffel... » (Appolinaire, Zone)
Obs. : Dans ce type de métaphore, c’est le mot métaphorique qui apparaît en premier lieu, mot auquel on appose le mot «normal », dénominatif.
La métaphore explicite peut être formée aussi autour d’un verbe à fonction copulative (être) ou des expressions telles je crois/on croit voir, on dirait, on aurait dit, etc.
Ex. « Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève ! » (Baudelaire, La Chevelure)
Ex. « À te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’unbâton... » (Baudelaire, Le Serpent qui danse)

b. La métaphore pure ou par remplacement ne fait figurer dans le discours que le mot métaphorique.
Ex. « cette faucille d’or » (pour la lune, Hugo, Booz endormi)

c. La métaphore indirecte ou contextuelle est celle qui combine un mot « normal », dénotatif avec un contexte métaphorique ; c’est ce contexte métaphorique qui suggère l’image....
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