Toinette, le malade imaginaire

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Cap. III Description détaillée d’un personnage féminin

Toinette, Le malade imaginaire

Toinette est la servante d’Argan. Dans la deuxième scène du premier acte elle est décrite comme une présence qui énerve le maître. Argan l’appelle « carogne », « traîtresse », « coquine », « ignorante » et « chienne », plusieurs fois. Pour l’empêcher de crier, elle fait appelleà son outil de langage : elle se plaint toujours, en disant « Ah !» chaque fois quand son maître veut dire quelque chose pour l’offenser. Sa technique est fort hardie et relève son courage face à son maître :

« Argan : Il y a…
Toinette : Ah !
Argan : Il y a une heure…
Toinette : Ah !
Argan : Tu m’alaisse…
Toinette : Ah ! »[1]

Aux répliques d’Argan, qui est emporté contre elle d’une manière directe, Toinette répond tout de suite :

« Argan : Tu m’a fait égosiller, carogne !
Toinette : Et vous m’avez fait, vous, casser la tête ; l’un vaut bien l’autre. Quitte à quitte, si vous voulez.

Toinette : Si vous avez le plaisir dequereller, il faut bien que de mon côté j’aie le plaisir de pleurer : chacun le sien, ce n’est pas trop. Ah ! »[2]

Toinette déstabilise l’autorité du maître par les interruptions qu’elle fait et par son refuse de donner cours libre au « plaisir de quereller » d’Argan. Elle est très familière avec Argan, mais elle a aussi une connexion étroite avec Angélique. La servante parle avec légèreté àla jeune fille : « He bien, quoi « Toinette » ? »[3]
La quatrième scène du premier acte de la pièce est vraiment comique. Angélique ouvre son cœur à Toinette et l’interroge sur la pureté de ses actions d’amoureuse, sur les traits et sur la sincérité de Cléante ; elle pose question après question, troublée de ce nouvel sentiment et la servante donne toujours la même réponse : « Oui »,« Oui », « D’accord », « Oh ! Oui », « Assurément », « Sans doute », « Cela est sur », « Il est vrai », « Vous avez raison »[4]. La servante joue ici le rôle de la confidente et elle donne même des conseils.
Quand Toinette parle de Béline, elle utilise la formule « la bonne bête »[5], en étant aussi ironique que irrévérencieuse. Dans la discussion intime d’Argan avec sa fille, elle ne garde même lesilence et accrédite les actions de son maître : « En vérité, je vous sais bon gré de cela, et voilà l’action la plus sage de votre vie. »[6]. Dans le moment où Argan et Angélique se rendent compte qu’ils parlent chacun d’une autre personne qui va être le mari d’Angélique, la servante est la première qui parle en accusant son maître : « Quoi ! monsieur, vous auriez fait ce dessein burlesque ? et,avec tout le bien que vous avez, vous voudriez marier votre fille avec un médecin ? »[7]. Elle demande des raisons en ce qui concerne cette décision et défend la volonté d’Angélique. On remarque la liberté d’exprimer ses opinions et la modalité par laquelle elle tire Argan à la responsabilité ; c’est ne pas un dialogue typique entre une servante et son maître : 

« Argan : …De quoi temêles-tu, coquine, imprudente que tu es ?
Toinette : Mon Dieux ! tout doux. Vous allez d’abord aux invectives. Est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble sans nous emporter ? La, parlons de sang-froid. Quelle est votre raison, s’il vous plaît, pour un tel mariage ? »[8]

Toinette est une rusée. Elle connaît très bien les gens et, en profitant de cela, elle sait comment ilfaut calmer et tempérer les crises d’hystérie de son maître. Cette servante connaît le pouvoir duquel elle dispose et ne cesse pas l’utiliser : après un long discours entre ce qu’Argan va faire et comment va procéder pour marier Angélique avec Thomas Diafoirus, elle commence induire Argan dans l’erreur. Le comique se relève par les répliques et le langage de la servante :

« Argan : Elle le...
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