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SPECIAL BANQUES EUROPEENNES

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© 2009 THOMSON REUTERS/Alex Grimm

Les banques ferraillent depuis plus de trois ans pour rassurer les marchés sur leur solidité financière. Alors que les inquiétudes persistent sur la dette souveraine, sur leurs fonds propres au regard de Bâle III et qu’elles seront soumises d’ici l’été à de nouveaux stress tests, peuvent-elles espérer tourneren 2011 la page de la crise ?
LE CONTEXTE LES REPERES

Crise après crise, une confiance à reconquérir 2 Les euro députés haussent le ton face au lobby bancaire 10 Le point de vue de Martin Hirsch et de Jean-Pierre Jouyet 10-11 Livret A – Des députés prennent la défense de la CDC 12

Dix dates clés de la crise financière en France Les normes prudentielles Bâle III, mode d’emploi
LES CHIFFRES4 9 2 3 7

Les banques européennes à travers la crise Les banques françaises en Bourse en 2010 Performance des valeurs bancaires

SPECIAL BANQUES EUROPEENNES

Crise après crise, une confiance à reconquérir
 Craintes de nouvelles tensions sur la dette souveraine et, par ricochet, sur le secteur bancaire  Les banques européennes suffisamment capitalisées / Trésor  Les banques vontmaintenir la pression contre Bâle III  Des contraintes de refinancement à relever cette année

par Matthieu Protard

Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, lors d’une réunion de l’Eurogroupe à Luxembourg, le 6 octobre 2008.© 2008 REUTERS/Thierry Roge

’était une question de vie ou de mort.” L’automne 2008, Thierry Francq n’est pas près de l’oublier. Il dirigeait le service dufinancement de l’économie au Trésor quand Lehman Brothers a failli entraîner dans sa chute tout le système financier mondial. Automne 2010, l’Irlande, comme la Grèce six mois plus tôt, plombe le secteur bancaire européen. Credit Suisse évoque un “risque que la crise souveraine de l’Euroland ne dégénère en crise générale de liquidité”. A l’automne 2011, les banques auront-elles enfin tourné la page ? Rienn’est moins sûr. L’enjeu, pour elles, c’est de démontrer leur solidité financière. Oui, mais... “Le marché attend globalement un ‘haircut’ (une décote, NDLR) sur la dette souveraine. Donc il n’a pas envie d’être exposé à des acteurs eux-mêmes exposés”, résume Cyril Meilland, analyste chez Crédit agricole Cheuvreux. Pour preuve, les grandes valeurs bancaires de la zone euro ont toutes fini l’annéeboursière 2010 dans le rouge. Balayée la bouffée d’oxygène de 2009. Avec leurs pertes de 14% à 23%, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole ont pourtant limité la casse. En Espagne, considéré comme la possi-

“C

Les grandes valeurs bancaires de la zone euro ont toutes fini l’année boursière 2010 dans le rouge

ble “brebis galeuse” de cette année, Santander et BBVA ont abandonné plus de30% de leur valeur boursière. Plongeon de plus de 30% aussi à Milan pour les italiennes Unicredit et Intesa Sanpaolo, victimes de la peur de contagion. Paradoxe, les investisseurs restent à l’écart d’un secteur bancaire européen pour lequel le retour de la confiance sera d’autant plus vital cette année qu’il devra solliciter massivement le marché pour relever le défi de lourdes contraintes derefinancement. Pas moins de 400 milliards d’euros seront nécessaires rien qu’au premier semestre, selon les calculs de Credit Suisse. “Il n’y a pas d’inquiétudes particulières à avoir sur l’impact des tensions de la dette souveraine sur le secteur bancaire”, assure Ramon Fernandez, directeur général du Trésor. Et il ajoute : “En Europe, les banques sont globalement bien capitalisées.”

Graphiqueinteractif
Comparaison multicritères des banques européennes
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SPECIAL BANQUES EUROPEENNES
A l’Autorité des marchés financiers (AMF), on avance un autre argument pour justifier la confiance. “Qui achète avant tout les obligations d’Etat, en réalité ? Ce ne sont pas les banques. Les banques sont des intermédiaires. Elles en ont, certes, mais c’est surtout l’assurance-vie”, fait valoir...
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