Tous les matins du monde

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  • Publié le : 1 décembre 2010
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Sur la fin de sa vie, Marin Marais, violiste du XVIIe ‑ XVIIIe siècle, se remémore ses souvenirs de jeunesse et en particulier son apprentissage de la viole de gambe auprès de son maître monsieur deSainte Colombe et de ses deux filles, Madeleine et Toinette. Attention : ce qui suit dévoile l'intrigue.
"Le dessert de gaufrettes", nature morte de Lubin Baugin

1672, dans la campagne près deParis. Marin Marais, un adolescent gauche de 16 ans, se présente à Monsieur de Sainte-Colombe, un maître gambiste connu pour son austérité (il est janséniste) et sa sévérité : il voudrait devenir sondisciple. Sainte-Colombe, bien que vivant retiré du monde, est connu pour sa virtuosité et pour ses innovations techniques (tenue de la viole et de l'archet, addition d'une septième corde pour obtenirles notes plus basses).

Le jeune Marais raconte son histoire d'une voix sourde : « il était membre d'une chorale paroissiale mais lorsque sa voix a mué, il en a été chassé alors que son amiMichel-Richard de Lalande, qui n'a pas mué, est resté dans la formation... Il ne veut pas devenir cordonnier comme son père. Il est doué pour la viole de gambe... ». Le maître, après avoir écouté le jeunehomme jouer une improvisation sur une Folia de l'époque puis une Aria de sa composition, lui annonce « qu'il joue bien de la musique mais qu'il n'est pas et ne sera jamais un musicien... ». Cependant, émupar sa douleur, il accepte de lui donner quelques leçons.

Les deux filles du maître (en particulier Madeleine, l'aînée) sont émues par l'arrivée du jeune homme dans la gentilhommière désolée parla mort subite, quelques années auparavant, de Mme de Sainte-Colombe. D'ailleurs, depuis, le maître (qui a refusé d'aller jouer de la viole devant le roi Louis XIV), passe ses journées seul dans unecabane au fond du jardin, travaillant inlassablement son art et recevant parfois la visite de sa défunte épouse : il a fait peindre par Lubin Baugin la table (portant un verre de vin, une bouteille...
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