Tout esprit suppose une conscience bergson

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  • Publié le : 6 avril 2011
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Commentaire de philosophie
Bergson et la Conscience

La conscience est ce sentiment, cette perception que l’homme a de lui-même et de sa propre existence. Dans ce texte philosophique, Bergson choisit, plutôt que de tenter de définir la conscience, de mettre en évidence sa fonction et ses attributs. Il fait clairement la distinction entre les deux formes de la conscience : une conscienceinstantanée et immédiate, qui renvoie à la seule présence de l’homme au moment où il pense; et une conscience réfléchie, qui dépasse le simple présent. Cette seconde conscience est le propre de l’homme.
Pourquoi, selon Bergson, la conscience de soi est-elle intimement liée à la conscience du temps, aussi bien passé, présent, que futur ? Nous suivrons l’argumentation de l’auteur pour expliquer cetexte, en remarquant qu’elle se fait en deux temps : tout d’abord nous comprendrons pourquoi la conscience est mémoire, puis pourquoi elle est également anticipation de l’avenir.

Tout esprit suppose une conscience. L’esprit, c’est un principe immatériel considéré comme premier dans l’ordre de la connaissance ; et pourtant, « qui dit esprit dit avant tout conscience » : ainsi, l’esprit, cet ensemblede connaissances, suppose une chose qui en soit consciente. D’ailleurs, l’une des définitions du dictionnaire pour esprit est : « substance incorporelle consciente d’elle-même », et confirme donc ce sentiment que derrière tout esprit (donc derrière tout être pensant), il y a une conscience. Ainsi, selon Bergson, la conscience est le point de départ, le fondement de tout être pensant, puisqu’ellese situe « avant toute » chose (idée qui rejoint le cogito de Descartes, qui met l’accent sur le fait que c’est la pensée qui lui permet d’établir son existence, et non l’inverse).
« Qu’est-ce que la conscience ? » : Voilà une question métaphysique à laquelle nombre de philosophes ont tenté de répondre. Mais Bergson n’a pas la vanité de donner une définition de cette chose aussi « concrète » etaussi « constamment présente à l’expérience de chacun de nous » qu’est notre conscience, car toute tentative de définition ne ferait que complexifier le caractère si simple de cette substance. La conscience, qui est universelle (« chacun de nous »), qui est banale et expérimentée chaque jours de notre existence, qui est l’apanage de l’être humain, reste donc pourtant bien malaisée à expliquer.Finalement, les choses le plus concrètes sont, semble-t-il, les plus difficiles à définir (Ex : Prouvez-moi que vous existez…).
Même s’il n’a pas l’intention de définir la conscience, Bergson peut la caractériser ; et selon lui, l’attribut -c’est-à-dire le caractère essentiel et constitutif de la conscience- le plus évident de celle-ci, c’est la mémoire. La mémoire, c’est cette fonction par laquelles’opèrent dans l’esprit la conservation et le retour d’une connaissance ou d’une expérience, c’est la faculté de se souvenir ; et cette notion est donc intimement liée à la conscience. Et pourtant, l’expérience nous montre souvent la faiblesse de la mémoire humaine, son « manque  d’ampleur ». En effet, elle ne conserve pas tout notre passé, mais qu’une faible partie : ce sont les souvenirs qui nousont marqués, ont bien les plus récents, ou encore des souvenirs aléatoires qui nous reviennent par bribes. Mais peu importe, du moment que la mémoire nous permet d’avoir au moins une conscience de notre passé.
Pourquoi cette unité entre conscience et mémoire ? Pourquoi, selon Bergson, une absence de mémoire suppose-t-elle une absence de conscience ? Parce que la conscience c’est aussi la capacitéde faire retour sur ses pensées, ses actions, son expérience ; parce que la conscience comme mémoire fait de l’homme un être capable de savoir qu’il existe au moment présent, mais surtout, qu’il a existé. En effet, l’homme évolue constamment au cours de sa vie ; comment pourrait-il se connaître, comment pourrait-il avoir conscience de lui, s’il n’a pas conscience de cette évolution, donc de ce...
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