Traduction du petit prince en amazighe

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  • Publié le : 16 avril 2010
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Traduction et adaptation d’un texte dans une langue émergente: cas du Petit Prince en amazighe.

Lahbib Fouad

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Introduction
L’objet de cette communication est de présenter une expérience de traduction du français vers l’amazighe dont je suis l’auteur. Il s’agit de latraduction du célèbre conte de Saint-Exupéry : Le Petit Prince.

Cette présentation portera essentiellement sur les difficultés d’adaptation d’un contenu initialement en français vers une langue émergente qu’est l’amazighe.
Nous aborderons particulièrement les difficultés du passage d’un texte écrit (ici le français) vers un écrit oralisé (l’amazighe en construction) et les problèmes liés au choix duvocabulaire ou liés à la syntaxe et à la stylistique. Nous essayerons également d’analyser les limites de la production d’un texte amazighe à la fois standardisé sur le plan linguistique et proche de la langue maternelle et de l’espace socioculturel de l’enfant.

De la mémoire des mots et de l’émigration des cultures

L’itinéraire historique et étymologique d’un vocable ou d’un concept suitsouvent le mouvement et le parcours de l’homme qui le détient. Une notion passe de proche en proche à la propriété de celui qui l’accepte et l’utilise. Une notion se transmet de proche en roche et appartient à celui qui l’accepte et l’utilise. Une notion peut voyager d’une culture à une autre, jusqu’à devenir universelle et appartenir au patrimoine humain.

C’est ainsi que dans le bassinméditerranéen, berceau des cultures et des civilisations, plusieurs peuples ont contribué à la construction d’un fonds culturel, mythologique, philosophique et lexical riche et commun.

Avant l'invention de l'écriture, les échanges linguistiques entre les cultures se faisaient par le biais de l’oralité. L’origine de certains mots, de certains contes ou de certains concepts est souvent énigmatique etrenvoie forcément au socle commun d’une même région culturelle, habitée ou fréquentée par différents peuples.

La langue et la culture amazighes, ancrées dans la région méditerranéenne - l’une des civilisations les plus anciennes de cette région - a certainement contribué, à côté des autres cultures, à la construction du socle culturel et linguistique commun et à l’émergence de la pensée humaineuniverselle.
En analysant par exemple le fonds lexical commun entre le grec et l’amazighe, l’on s’aperçoit de l’existence de centaines de mots communs aux deux langues et à d’autres langues de la région ([1]). Même constatation en ce qui concerne le substrat mythologique ou philosophique. Un conte peut exister sous différentes versions d’une région à une autre et d’une culture à une autre dans unemême aire géographique. Le mythe d'Atlas ou celui d'Anzsar, par exemple, est narré différemment selon un canevas propre à chaque région.

Même constatation dans le domaine du patrimoine symbolique et artistique. Plusieurs signes et symboles des arts populaires sont communs aux peuples méditerranéens. On parle même de l’emprunt de plusieurs lettres du système latin, devenu universel, du fondssymbolique libyque et Tifinaghe ([2]).

Les échanges entre deux ou plusieurs cultures limitrophes est un phénomène naturel. Aujourd’hui, avec l’explosion des moyens de communication, ce phénomène s’étend même à des cultures très différentes, et appartenant à des aires géographiques souvent très éloignées. La culture va incessamment devenir universelle et, de proche en roche, va transcenderl’identité des peuples.

L’amazighe : de l’oral à l’écrit

Bien que les premiers essais de transcription de l’amazighe remontent au Moyen Age avec les travaux de Awzal, le passage de la langue amazighe de l’oral à l’écrit s’est fait depuis l’arrivée des ethnologues européens en Afrique du Nord, il y a plus d’un siècle. Ce passage a commencé par la transcription et la fixation de la littérature...
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