Transfusion sanguine et sida

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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Transfusion sanguine et sida

Intro
En 1981, un centre de transfusion d'Atlanta aux États-Unis décèle 5 cas de pneumonies rarissimes, les malades sont tous homosexuels et ont un système immunitaire défaillant. On s'aperçoit ensuite que d'autres malades touchés par ce syndrome sont des toxicomanes ou des hémophiles ayant reçu des transfusions sanguines. La maladie est baptisée « Syndromed'immunodéficience acquise ».

Michel Setbon se penche sur ce phénomène et réalise une étude autour du SIDA, des transfusions sanguines et des politiques de dépistage de 1989 à 1992. C'est pour lui « la sociologie d'un drame national ».
Sa thèse s'articule autour de 3 points fondamentaux :
-Comment se sont produites ses contaminations ?
-Qu'est-ce qui a été fait pour limiter le nombre de cescontaminations ?
-Comment évaluer les effets de ce qui a été fait, c'est à dire de quelle manière les décisions qui ont été prises ont influencé le nombre de contaminations constatées ?

Nous allons dans notre synthèse détailler les arguments de l'auteur et mettre en parallèle les différents mécanismes sociologiques observés.

Comment se sont produites ses contaminations ?
Au début des années 80sont découverts les premiers cas de SIDA d'abord aux États-Unis, puis en France. Le manque d'information concernant le mode de transmission du virus ainsi que ces origines exactes ont laissé les centres de transfusion sanguine dans le doute. Ceux-ci n'ont alors pas augmenté leur vigilance concernant les donneurs.
Cette période correspond, selon Michel Setbon, à la phase 1 (de 1981 à 1983) oùaucune sélection du sang donné n'a été faite. C'est une phase de « flou » général, où cette maladie sortie de nulle part surprend plus qu'elle n'inquiète. C'est l'incrédulité et le dénis.
On s'aperçoit qu'il existe alors des zones d'incertitude selon la théorie de Crozier. En effet selon lui « Tout système connaît donc des incertitudes, mais aucune ne contraint l'organisation de manière mécanique.Toutes rentrent dans le jeu des acteurs dont elles renforcent ou diminuent l'autonomie et par là le pouvoir ».
De plus il est difficile d'annoncer ce phénomène publiquement. Selon Michel Setbon « il n'est pas facile de mettre sur la place publique un problème pour lequel subsistent tant d'incertitudes et qui stigmatise certaines catégories d'individus »
Cela soulève une réflexion sociologique,les individus sont animés par différents types de rationalité : certains disent qu'on a pas le droit de prendre des risques (en transfusant du sang contaminé) et les autres disent que ce n'est qu'une probabilité.

Qu'est-ce qui a été fait pour limiter le nombre de ces contaminations ?
 En 1983 (ou phase 2 selon Michel Setbon), deux méthodes sont mises en place pour limiter les contaminations partransfusion sanguine :
* information directe aux donneurs : s'ils pensent avoir des facteurs à risque, ils ne viennent plus donner leur sang (premier tri, apellé « auto-exclusion »)
* questionnaire à remplir avant le don : le donneur est conscient de présenter des risques, il donnera quand même son sang, mais celui-ci ne sera pas pris en compte (il ne veut pas s'afficher face aux autres)
Onobserve ici un phénomène sociologique : le mythe du « bénévolat = sécurité ». En effet le don du sang a un enracinement fort, il fait partie de l'actualité, il est valorisé par tous. C'est une fierté de donner son sang, l'individu se sent utile. Le don étant bénévole il est évidemment sûr.

De plus, la concurrence a eu un rôle important dans la prise de décision de chaque centre de transfusionsanguine. Effectivement, chaque centre étant libre d'appliquer ou non la mise en place de questionnaire, cela pouvait mener à une baisse de dons dans certains centres plus sélectifs et a une augmentation dans les centres voisins (qui n'auraient pas de sélection).

 En 1985 (phase 3), les tests de dépistage sont mis en place. Cela permet une réduction du risque de contamination de 98% à 99,5%, ce...
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