Travail et loisir

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  • Publié le : 20 septembre 2010
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CULTURE GÉNÉRALE
PLAN DE TRAVAIL N° 4 : Travail et loisirs

Avec les 35 heures et les nouveaux rythmes de vie, de nombreux intellectuels français considèrent que la civilisation des loisirs n’est plus une utopie, mais une réalité quotidienne, qui bouleverse les sociétés jusque-là fondées sur la valeur essentielle du travail, ses représentations, ses fondements et le fonctionnement de sesinstitutions. Un Français ne travaille plus en moyenne que 1 441 heures par an, contre 1 669 pour un Britannique, 1 789 pour un Japonais, 1 824 pour un Américain et 2 380 pour un Sud-Coréen. Le travail ne serait plus dans certains pays, notamment en France, la base de la vie en société, le temps autour duquel tout s’organisait. Les loisirs seraient devenus ce temps pivot de la vie, le travail étant unevariable d’ajustement. Civilisation du travail ou civilisation des loisirs, ces deux notions englobent les deux temps principaux de la vie. Il convient donc d’en étudier le partage, l’éventuelle prédominance de l’un sur l’autre, les conséquences de cette nouvelle répartition, sur les plans économiques et sociaux. 1. LA NOTION DE TRAVAIL DANS LE FAIT SOCIAL

La notion de travail a fait l’objetde vifs débats, sur les effets des 35 heures, sur la place du travail dans notre société, sur la réhabilitation du travail par rapport à l’assistanat… De fait, le travail est une notion qui appelle au rassemblement de connaissances de diverses matières, économie, droit social, questions sociales. Elle doit pour autant être appréhendée sous l’angle de la culture générale, tant ses acceptions sontlarges et les sujets attenants variés. Il convient pour en comprendre la globalité de se poser différentes questions : − quelle place pour le travail sur l’échelle de valeur des sociétés contemporaines ? Valeur identitaire, valeur d’intégration, moyen d’accumulation de richesses, le travail a longtemps été considéré comme un des fondements de la vie en société. Avec un nombre de plus en plus élevéd’inactifs (étudiants tardifs, chômeurs, jeunes retraités, quatrième âge), peut-il encore jouer ce rôle ? Il convient de s’interroger sur l’évolution de la notion de travail à travers les âges, et de se poser les questions fondamentales de sa place dans la société actuelle, de son rapport au capital, de sa relation avec la notion voisine d’emploi. Certains auteurs constatent que des activités nonéconomiques se sont assimilées à du travail, comme l’activité du prêtre ou du politicien (Marcuse), des artistes (Hannah Arendt) ou le « travail » domestique. Il faut remettre la notion de travail en perspective pour identifier ses mutations, ses continuités, ses ruptures, et envisager ses pistes d’avenir ;
− quelle est la perception nouvelle vis-à-vis du travail ? Est-il encore le centre de la viequotidienne

ou n’est-il plus qu’un à-côté nécessaire et obligatoire dans une société des loisirs ? Tous les individus peuvent-ils entrer dans cette nouvelle société ? Le travail est le levier premier de l’accumulation des richesses, de la progression des techniques et des civilisations, et constitue donc l’un des facteurs de l’ordre social. Il est aussi un motif de contestation, de conflits, derapports de force. L’emploi permet l’obtention d’un salaire en échange de la capacité de travail, mais il autorise aussi l’aliénation. Le rapport au travail a évolué au cours des siècles : le travail est d’abord le fruit de la malédiction divine (« tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »). Il est aussi dans l’épître de saint Paul aux Thessaloniciens le gage de l’honnêteté, et pour ainsidire la condition du droit de vivre en société. Il est pour les hommes préhistoriques une nécessité de survie, qui les conduit peu à peu à élaborer des outils pour se faciliter la tâche, et qui recherchent sans le savoir une plus grande productivité. Le travail peut être aussi forcé : l’esclavage en est une cruelle

illustration, qui conduit à la déshumanisation de l’homme par son travail, et...
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