Travailler moins est ce vivre mieux ?

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  • Publié le : 30 décembre 2010
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Dissertation de philosophie
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Le travail est le sens que prend notre commerce avec la nature. Il est évident que ce travail est une nécessité pour de multiples raisons, la première étant l’argent qui va servir à satisfaire nos besoins. Pourtant, le penchant naturel de l‘homme est la paresse, il est donc évident que ce travail qui demande un effort, une peine, est considéré par le senscommun comme une contrainte. Alors travailler moins, serait-ce mieux vivre ? Par travailler moins, on entend la durée, le temps passé au travail, c’est le sens quantitatif. En un siècle, le temps de travail est passé de 49 heures par semaine à 35, on peut donc supposer que travailler moins longtemps permet d’accéder à un plus grand confort et à une meilleure qualité de vie. Le fait même d’êtreaffranchi du travail comptait jadis parmi les privilèges de la minorité.
En outre, « vivre mieux« , cela aussi est relatif, car chacun a sa propre image de la vie et de son accomplissement, sa propre théorie sur la façon de mettre en œuvre l’amélioration de cette vie. On considèrera que vivre mieux, cela signifie accéder au bien être, c’est-à-dire à une disposition agréable du corps et de l’esprit.Si le travail n’était qu’une contrainte qui ne visait qu’un but lucratif et matériel, alors oui, travailler moins cela serait vivre mieux, car cela permettrait de libérer du temps de loisirs. Or, on constate que le travail est une nécessité, non seulement pour l’argent, mais également pour former une existence sociale de l’homme. Si une diminution du temps de travail empêche cette formationsociale de l’homme, alors est-ce que travailler davantage permettrait finalement de vivre mieux, plus épanoui socialement ? Et quelle place et quel rôle va jouer le temps de loisir ?

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1. Le malaise au travail

Le travail est avant tout considéré comme un tyran, c’est pourquoi il est issu du latin tripalium qui désigne un instrument de torture. On retrouvera ce sens étymologique à denombreuses reprises : en italien le terme lavoro ( labeur ) a la signification de labeur, peine, et a donné le terme laborieux. Le terme anglais work vient d’une racine indo-européenne avec l’idée de faire, d’accomplir quelque chose, le travail était ce qui lie un effort où l’on peut s’épuiser à un résultat. C’est dans ce contexte de souffrance et de pénibilité que l’on retrouve la forme verbale detravailler dans le sens de tourmenter. D’ailleurs le travail dans La Genèse est un châtiment. Il est avant tout considéré comme une contrainte, une obligation; et cette définition du travail comme une activité soumise aux nécessité vitales et au souci de survie individuelle nous est aujourd’hui familière.
Le travail devient humain lorsque l’on va faire intervenir une technique, c’est-à-dire uneméthode qui nécessite un savoir faire. Mais avec le progrès technique et scientifique, on va assister à l’avènement de l’automatisation. Le travail alors ne va plus nécessiter un savoir faire, il ne va plus être qualitatif mais quantitatif. « De même que le temps est l’expression quantitative du mouvement, le temps de travail est l’expression quantitative du travail. Différence de sa propre durée, voilàla seule différence dont le travail soit susceptible, sa qualité étant donnée. Comme temps de travail, il a son étalon dans les mesures naturelles du travail : heure, jour, semaine, ect. Le temps de travail est la substance vitale du travail, indifférent à sa forme, son contenu, son individualité : il en est l’expression vivante quantitative en même temps que sa mesure immanente. » écrit KarlMarx. Cette réduction du travail au travail simple, vide de qualité, va être un travail créateur de valeur d’échange, et va être un travail spécifiquement social qui va provoquer l’éloignement progressif du travailleur vis-à-vis de la nature. C’est cette mécanisation due à la révolution industrielle qui va rendre le travail abstrait, et qui va provoquer cette perte d’identité découlant elle-même...
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