Tristan et iseult

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  • Publié le : 21 février 2010
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Tristan et Iseut / Lecture analytique

Cet extrait de Tristan et Iseut se situe au début du roman, avant la rencontre entre les amants. Tristan doit ici affronter le géant Morholt, que personne n’ose défier. C’est l’occasion pour le héros de montrer sa vaillance et d’assurer sa position auprès de son oncle, le Roi Marc, en affrontant le géant irlandais venu réclamer à la Cornouailles un tributannuel de jeunes gens et de jeunes filles qu’aucun des autres vassaux de Marc n’osait affronter en duel.
Comment le héros mythique est-il mis en scène ici ?
Nous verrons que ce héros a son origine dans la mythologie et que le texte s’inspire de la matière de Bretagne ; par ailleurs, ce personnage, de par ses exploits, appartient aussi à la tradition de la chanson de geste.

I Les originesd’un héros mythique :

1) Influences mythologiques :
Ce texte présente des similitudes avec une partie du mythe de Thésée : le fait de combattre un monstre, le tribut humain réclamé pour celui-ci et la voile de la mauvaise couleur, hissée au retour du héros. Athènes avait besoin de Thésée pour la délivrer de ce que lui imposait le Roi de Crète Minos. En effet, sept jeunes gens et sept jeunesfilles devaient, tous les sept ans, être envoyés dans l’île pour y être dévorés par la Minotaure. Thésée proposa de délivrer sa patrie de cet impôt sanglant et s’embarqua avec les victimes. Parvenu en Crète, il séduisit Ariane qui lui permit, grâce à son fil, de se diriger dans le labyrinthe où se trouvait le Minotaure, qu’il tua. Après cet exploit, il enleva Ariane, repartit vers Athènes, mais ilabandonna la jeune femme. Attristé par cette séparation mais fier de ses exploits, il oublia de hisser la voile blanche comme le lui avait demandé son père. Egée crut que son fils avait péri et se jeta dans la mer. On voit bien à quel point se mythe a influencé l’aventure de Tristan.

2) La matière de Bretagne :
En outre, Tristan et Iseut s’inspire clairement de la matière de Bretagne,c’est-à-dire du cycle arthurien. Dès le début du texte, on peut noter la référence aux romans de chevalerie avec le vocabulaire utilisé pour la préparation au combat : « se fit armer pour la haute aventure » (l.1 et 2), « le haubert et le heaume » (l. 2), le terme « preux » est aussi souvent employé pour décrire les chevaliers. La Cornouailles est aussi le lieu du mythe de la table ronde. Ensuite, lemerveilleux fait référence au cycle arthurien : ici le gigantisme de Morholt et plus tard, le philtre d’amour font partie de ce registre.
De plus, l’expression « haute aventure » désigne l’épopée. Tristan a toutes les caractéristiques du héros épique, ses qualités sont soulignées : il est « jeune » (« belle jeunesse » (l. 3)), fort, courageux (« l’un de nous reviendra seul vivant d’ici » (l.12)),d’autant que c’est le seul à oser affronter le monstre. Le héros est aussi mis en valeur l. 19 et 20 par une sorte de tableau : « le chevalier se dresse à la proue », en brandissant son épée. Les hyperboles participent également au registre épique : « au sommet d’une vague » (l.19) et « si retentissants qu’on n’eût pas ouï Dieu tonner » (l. 27)

Si le personnage de Tristan a ses origines dans leslégendes celtiques et la mythologie, on peut remarquer également que ses qualités et notamment la prouesse accomplie relèvent de la chanson de geste.

II La chanson de geste :

Une chanson de geste est une épopée légendaire héroïque mettant en scène des exploits guerriers de roi ou de chevaliers. La geste est « une action d’éclat accomplie » qui est née au XI ème siècle et a pris la suite des grandesépopées de l’Antiquité. C’est donc surtout l’exploit de Tristan qui est accentué ici : le combat n’est pas à proprement parlé décrit (« nul ne vit l’âpre bataille » l. 15), cela sollicite l’imagination du lecteur, mais on comprend qu’il s’agit d’une lutte sans merci (« trois fois (…) un cri furieux (l.15 et 16). Tristan avait précisé que ce serait un combat à mort : « l’un de nous deux...
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