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  • Publié le : 2 décembre 2010
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L’économie politique est une science sociale née principalement en Europe au XVIIIe siècle. Son émergence était conditionnée par un état de la science et de la société. Un état de la science parce que les sciences sociales sont nées après les sciences exactes et naturelles et sur le modèle qu’offraient ces dernières. Quant  à l’état de la société, il supposait qu’on puisse considérer les aspectséconomiques en soi, qu’on puisse identifier les questions économiques comme relevant d’une logique propre et d’une sphère distincte des autres institutions de la société (la religion, la morale, la philosophie, l’organisation générale de la vie sociale). En ce sens l’économie est pour l’essentiel une construction culturelle occidentale.

Une initiation à l’économie politique succincte est souventdonnée dans les collèges et les lycées. Le traitement de l’actualité et les médias font également très fréquemment référence à des notions d’économie. Vous avez par conséquent très probablement déjà un avis sur cette matière. Il convient cependant de distinguer deux aspects :
L’économie désigne à la fois une pratique et une science et pour cette raison elle se  trouve depuis quelques années dansune situation paradoxale. Comme science elle dispose d’une autonomie complète et d’un statut qui la rapproche aujourd’hui dans sa forme des sciences exactes (elle est très formalisée). Elle se veut d’ailleurs plus positive (explicative et descriptive) que normative (formule des recommandations) plus une science qu’une politique.
Comme pratique, l’économie occupe dans notre société une positiondominante, elle tient le devant de la scène, le raisonnement économique est de loin le mode de pensée le plus courant mais ce qui ne l’empêche pas d’être contesté (par des philosophes, des alter mondialistes et certains économistes hétérodoxes)
L’économie politique est parfois décriée car elle on la soupçonne de couvrir certaines pratiques qui font passer la recherche individuelle et égoïste duprofit avant l’intérêt général de la société et de répandre l’idée que la recherche par chacun de son avantage conduit automatiquement à l’intérêt général. C’est surtout la pensée économique néolibérale qualifiée parfois de pensée unique qui est visée. Vous avez certainement débattu entre vous de la question de la place de l’économie dans la société. On peut citer quelques ouvrages dénonçantl’hégémonie de la pensée libérale et du raisonnement économique : « L’horreur économique » de Viviane FORRESTER (Fayard 1996), « L’économie barbare » de Philippe St MARC (Frison-Roche 1994), les pamphlets de Philippe LABARDE et Bernard MARRIS  « Ah Dieu que la guerre économique est jolie ! » (Albin Michel 1998 - également : Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles ouencore « L’économie contre la société » de Bernard PERRET & Guy ROUSTANG (Le Seuil 1993), « L’illusion économique » d’Emmanuel TODD (Gallimard 1998), plus récemment, Jacques SAPIR « Les trous noirs de la science économique » (Albin-Michel 2000) ou « Les économistes contre la démocratie » (Albin-Michel 2002), et bien d’autres encore . Des étudiants des Grandes écoles et des universités françaises ontau printemps 2000 fait circuler des pétitions pour exprimer leur mécontentement face à l’enseignement actuel des sciences économiques. Ils dénonçaient la fermeture (autisme) de la discipline et l’hégémonie de la formalisation mathématique. Cette incompréhension était en fait réciproque. L’analyse économique moderne repose principalement sur l’établissement de relations fonctionnelles entre desvariables numériques pour mettre en évidence des régularités. L’économiste moderne ne fait pas confiance aux mots qui selon lui n’ont pas un sens précis avant d’avoir trouvé une expression mathématique.

Dans le même temps il y a encore des chercheurs qui estiment que l’économie peut apporter beaucoup à la société et reste compatible avec l’éthique et concourt à l’amélioration des conditions...
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