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  • Publié le : 1 juin 2012
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• INFOGRAPHIE - L'accident de la centrale japonaise va amener le gendarme du nucléaire à renforcer la sûreté des installations dans l'Hexagone.

Sans attendre le très long «retour d'expérience», comme on dit dans le jargon nucléaire, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) va devoir rapidement tirer les leçons de Fukushima dans le cadre de l'audit des 58 réacteurs d'EDF ordonné la semainedernière par le premier ministre, point par point. Lors de la présentation mercredi aux parlementaires du rapport annuel de la sûreté nucléaire en France, André-Claude Lacoste, le président de l'ASN, a reconnu que le «cumul» de catastrophes naturelles est un «sujet que jusqu'à présent on n'a pas pris en compte».
• Le risque sismique
«Une réflexion est en cours sur la réévaluation du risque sismique», aannoncé mercredi André-Claude Lacoste. C'est le cas pour Fessenheim, notamment, avec la participation d'experts belges. André-Claude Lacoste a évoqué les «querelles de chapelle» des sismologues qui «se battent de façon sanglante» entre prise en compte «probabiliste» ou «déterministe» du risque. L'ASN s'appuie depuis toujours sur les recherches des sismologues de l'Institut de radioprotection etde sûreté nucléaire (IRSN). En 2003, ils ont publié un inventaire des indices de rupture affectant le quaternaire (de 2 millions d'années à nos jours). À ce jour, la banque de données SisFrance a recensé près de 6 000 séismes survenus au cours du dernier millier d'années dont 1 700 d'intensité supérieure ou égale au degré 4 sur l'échelle MSK, qui en compte 12. Une centrale est conçue pour résisteren théorie à cinq fois la puissance du plus puissant séisme historique. André-Claude Lacoste a rappelé la décision de fermer l'atelier de plutonium (ATPU) à Cadarache (Bouches-du-Rhône), qui n'était pas jugé assez résistant malgré des travaux.

• Le danger d'un tsunami
Le tsunami qui a ravagé la côte est du Japon montre la fragilité des installations au risque d'inondation. Après la tempête dedécembre 1999, où l'eau était entrée à l'intérieur de la centrale du Blayais (Gironde) et avait failli provoquer un accident majeur, l'ASN avait réévalué les protections contre des raz de marée plus puissants que ceux envisagées dans les années 1970. C'est ainsi que la centrale de Gravelines avec ses six réacteurs est dotée d'«ouvrages de protection permettant de respecter une cote de sécuritélégèrement supérieure à 9 mètres», comme l'indique François Godin, responsable de la division de Douai de l'ASN. Cette marge de sécurité va-t-elle de nouveau être révisée et sur quels critères alors qu'aucune recherche sur les tsunamis qui ont pu frapper les côtes atlantiques dans le passé n'a encore été menée en France, contrairement à ce qui a été fait en Grande-Bretagne ?
Quel impact pourraitavoir une grosse vague en fonction du plateau continental et de la montée annoncée du niveau de la mer ? «Le réchauffement climatique change la donne, reconnaît le président de l'ASN. Des événements extrêmes qui se produisaient tous les mille ans le long des côtes reviennent maintenant tous les cents ans.» À défaut de se prémunir contre un tsunami, l'ASN se cale plutôt par rapport à un cumuld'événements extrêmes comme une forte marée, une tempête et de forts coups de vent.

• Le vieillissement des centrales
L'ASN a donné fin 2010 pour la première fois son feu vert pour prolonger la vie d'un réacteur trentenaire de dix ans supplémentaires. Il s'agissait de Tricastin 1. La décision pour Fessenheim 1 est attendue dans les prochaines semaines. Pour autant, ce feu vert n'est pas un chèque enblanc, a prévenu mercredi André-Claude Lacoste. Si des enseignements tirés du Japon l'exigeaient, les décisions qui s'imposent - fermeture d'un réacteur - seraient prises. Les experts ont décelé depuis plusieurs années que certains organes, l'âge aidant, montrent des signes de corrosion. C'est le cas des générateurs de vapeur. Or, une nouvelle fois, EDF s'est fait taper sur les doigts pour...
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