Un hemisphere dans une chevelure

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  • Publié le : 21 mai 2011
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I- Des effets de poésie dans la prose
Il s’agit d’un poème en prose qui se compose de paragraphes (7) et ne s’appuie pas sur des vers ou des rimes.

Pourtant, on note des effets de poésie. Ainsi, on remarque une boucle entre le début et la fin du poème par la répétition de la structure « Laisse-moi » + verbe à l’infinitif + adverbe « longtemps » + « souvenirs », boucle qui permet d’entourer lepoème dans un effet à la fois d’évocation (le souvenir), d’invocation (« laisse-moi ») et de rimes. Cette boucle est redoublée par l’anaphore du « dans » aux 3e, 4e et 5e paragraphes, anaphore qui permet d’introduire un effet rythmé de répétition, à défaut de rimes.

L’image de la boucle se construit cependant sur des oppositions entre les verbes : « respirer » / « mordre » et les souvenirs : «secouer » / « manger », permettant d’opposer l’action, ce que fait le verbe, à la rêverie, à ce que constituent les souvenirs. Il s’agit dès lors de noter par le verbe, donc l’écriture poétique, ce que l’imagination reconstitue.

Un même rapport s’observe avec la répétition de « tout ce que », qui renvoie à un « tout », une quantité, contenue dans un peu, un « ce » indéterminé. Cette répétitionnous renvoie au thème principal du poème, la chevelure, rappelée au début de chaque paragraphe, comme un leitmotiv ou un thème musical.
La chevelure, enfin, apparaît aussi sous le jeu des métaphores, chevelure-océan du quatrième paragraphe.

Ainsi, même en prose, le poème apparaît comme tel par l’utilisation des figures de styles autour d’un thème lui aussi poétique.

II- Une évocationpoétique
1- sens et sensualité

Tous les sens sont en effet évoqués, chacun d’entre eux renvoyant à un univers particulier très marqué par la sensualité.

L’odorat, « respirer », « odorant », « parfum », « parfumée », « odeur », se rapporte tout d’abord à la chevelure, puis touche à la sensualité « peau humaine ». Elle renvoie également aux paradis artificiels, à ce qui est du domaine del’extase.

La vue permet également de distinguer les « grandes mers », « espace » + « bleu et plus profonds ». En fin de poème, elle permet à « l’infini de l’azur tropical » de « resplendir ». Le poème évolue d’un élément distinct « tout ce que je vois (…) dans tes cheveux » vers un périmètre de plus en plus grand.

L’ouïe est peu représentée et se concentre sur l’activité poétique, « entend », «chants mélancolique ». Elle permet également le voyage intérieur.

Le toucher : fraîcheur et chaleur s’opposent, entre eau de source et foyer ardent. Les contacts de même oscillent entre dureté, caresses et mouvements du roulis. De ce qui constitue le rapprochement, on passe ainsi à un mouvement plus ample qui intègre le voyage.

les goûts enfin, qui nous renvoient aux « fruits », puis àl’action de « mordre », « mordiller » ou « manger », avec une allitération en « m » qui figure le mâchouillement.

Le poème, par son évocation des cinq sens et la forte présence de la sensualité permet ainsi à sa forme d’épouser son contenu, comme un redoublement de la sensualité à l’évocation des sens.

2- La chevelure

Cette sensualité est maintenue autour de la chevelure, déployée en quelquesorte sur le poème comme pourraient l’être des cheveux. C’est en effet elle qui permet le déclenchement du rêve (second paragraphe) comme du voyage (second paragraphe, troisième) ou du souvenir (5e).

À la fois présence sensuelle, elle est également celle qui ouvre l’infini des possibles, le voyage notamment, que ce soit dans l’imagination ou le rêve.

3- Un voyage immobile

Le poète est eneffet passif, récepteur en quelque sorte des souvenirs amenés par la chevelure elle-même (« pour secouer des souvenirs dans l’air »). Ses actions sont limitées, et seule la chevelure semble posséder le pouvoir d’activer le souvenir, le rêve ou la mémoire.

Ces rêves, cette mémoire, passent ainsi de la chevelure, élément déclenchant, à l’écriture, poétique par l’accumulation des métaphores,...
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