Un homme cinema

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  • Publié le : 11 décembre 2011
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Introduction : Généralités

Il y a environ deux ans, alors que j’exposais sur un salon de la Haute-Fidélité et du Home Cinéma au CNIT, à la cafétéria je surpris une conversation entre deux exposants d’un salon voisin de la micro-informatique : "ça y est, j’ai fini l’installation de mon micro multimédia, ça marche d’enfer. J’ai mis une carte audio 5+1 pour le DVD. Après, je vais m’équiper enHome Cinéma..." 
"T’es dingue, le Home Cinéma c’est de la daube, ça ne marche pas !" 
Là, j’ai failli m’étouffer avec mon sandwich, et inviter l’impertinent à descendre deux étages plus bas, pour voir et entendre un vrai Home Cinéma en fonctionnement. Puis, je me suis ravisé : Après tout, c’est peut-être lui qui a raison. Sur le salon où j’exposais, environ les trois quarts des démonstrationss’avéraient peu convaincantes. Pourtant, il s’agit à priori de présentations destinées uniquement à mettre en valeur certains équipements. Imaginons des installations optimisées principalement par rapport à la gestion de stock d’un revendeur et aux critères drastiques de décoration imposés par les épouses des clients... 
En y regardant de près, il faut bien admettre que les raisons pour lesquelles unsystème Home cinéma peut ne pas donner satisfaction sont tellement nombreuses que peu doivent y échapper. 
Pourtant, quand ça marche, c’est tellement magique...Reprenons les choses à la base.

I/ Le Cinéma, c’est quoi ?

Sans entrer dans un historique du Cinéma, on peut dire que le "cinématographe" est ce qui permet de donner une apparence de réalité à une fiction. Un livre ou un récit sont desfictions qui font appel à l’imagination ; le théâtre dans une moindre mesure, car il impose un décor, mais ne prétend pas donner l’illusion que la fiction est réalité. 
Au tout début du Cinéma, alors muet, une salle s’est vidée de ses spectateurs, paniqués par l’arrivée d’une locomotive fonçant sur eux. Les effets spéciaux étaient pourtant loin d’être ce qu’ils sont aujourd’hui. 

Le grandprogrès technique du Cinéma au 20e siècle fut la sonorisation. Associer le son à l’image a procuré au cinéma une capacité à créer de l’illusion sans précédent. De ces techniques de son au cinéma sont d’ailleurs nées la sonorisation de spectacle et ... la Haute-Fidélité. Il peut être intéressant de s’en souvenir. Il ne s’agit que d’illusionnisme, d’ailleurs, et non de réalisme : L’impressionnantgrondement des puissants vaisseaux spatiaux a toujours fait vibrer les audiences, d’Alien au 5é élément (Ah, les crissements de pneus des taxis volants !), etc.... 
Il suffit de savoir que le son est une vibration de l’air pour comprendre que, si puissant soit-il, dans l’espace un vaisseau spatial n’émet aucun son. 
Mais s’il était strictement réaliste, le cinéma ne serait plus un spectacle, et seraitpeut-être même moins crédible. 
D’autres effets et les dialogues doivent, par contre, pour conserver leur crédibilité être absolument réalistes : Si aucun d’entre nous n’a entendu de vaisseau spatial ni de détonation nucléaire (ou si peu d’entre nous), chacun a entendu une voix humaine, la pluie tomber, une voiture démarrer, etc... 
Là, la créativité de l’ingénieur du son est entièrementfocalisée sur le réalisme et non sur l’illusionnisme. La base de ce réalisme est la cohérence des perceptions. Le Cinéma, pour l’instant, se limite à coordonner les deux sens dominants dans notre perception : La vue et l’ouïe. 
De ce point de vue, la mise en parfaite cohérence et la synchronisation de ces sens, est un puissant moteur d’illusion. 
"Bon public" que ceux qui s’enfuirent à la vue d’unelocomotive silencieuse en noir et blanc. 
La création de l’illusion, celle qui permet au spectateur d’entrer dans l’action, d’oublier fugitivement qu’il est au cinéma, demande à la fois des moyens techniques et du savoir-faire qui sont essentiellement focalisés sur la mise en cohérence du son et de l’image, la clé de la crédibilité du spectacle.

II/ Le Cinéma dans les salles publiques :...
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