Une justice pour les victimes

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  • Publié le : 5 avril 2011
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Une justice pour les victimes
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Œil pour œil, dent pour dent ; voilà l’expression qui caractérise la Loi du talion, une des plus anciennes lois existantes. Toutefois, elle ne s’applique plus dans le Droit moderne occidental car elle est considérée comme relevant plus de la vengeance privée quede la justice. La justice est en fait un principe philosophique, juridique et moral fondé sur la reconnaissance et le respect du droit des autres, c'est-à-dire que les actions humaines doivent être sanctionnées ou récompensées en fonction de leur mérite. Son étymologie est conforme à son histoire. Le droit romain, créateur de la première justice-institutionnelle en est aussi à l’originelinguistique. En latin, la justice se dit « justitia » provenant de « justus » qui signifie « conforme au droit ».
Dès lors, il serait intéressant de se demander si la justice, depuis ses origines, est toujours rendue aux victimes ? En d’autres termes, on va ici se questionner sur l’efficacité de la justice.
Pour répondre à cette problématique, nous verrons dans une première partie qu’en théorie, lajustice, assimilée au pouvoir judiciaire, est bel et bien présente. Cependant, nous verrons dans une deuxième partie qu’en pratique, l’injustice existe également.

I. La justice du point de vue théorique

La vie nomade ne nécessite pas nécessairement d’institutions juridiques. Parmi les documents que nous avons sur le Moyen-Orient antique, les récits bibliques, qui reprennent les traditionsorales anciennes, nous montrent une gestion des conflits qui n’a pas recours à des juges. Mais la sédentarisation oblige à une gestion des conflits plus complexe. En effet, le tort porté à l’un des habitants risque d’entraîner une escalade de la vengeance. Ainsi, il faut donc une instance externe aux parties en présence, qui oblige le coupable à une réparation acceptable par la partie lésée. Il fautdes arbitres, des juges, respectées de l’ensemble de la population, qui puissent trancher dans les cas épineux. Eux-mêmes ressentiront bientôt le besoin de se référer à des situations et à des décisions antérieures, le droit est donc né. La fonction de juge n’est pas d’emblée officielle, mais avec l’existence de l’Etat, l’institutionnalisation du droit va se renforcer. Mais si la première source dudroit provient des conditions de la survie pacifique du groupe social, les fonctions du droit viennent aussi régler divers aspects de la culpabilité. Nietzsche justement s’attache à l’origine du châtiment. Nous pouvons constater avec regret la violence des sanctions du passé, mais ces conditions étaient indispensables pour que l’homme, cet animal insouciant et oublieux par nature, devienne capabled’entrer dans des engagements et des liens sociaux. Ainsi pour Nietzsche, sans la cruauté du châtiment, l’homme ne pouvait devenir assez régulier et assez responsable pour intérioriser les exigences sociales et il fallait donc que sa mémoire soit marquée, comme au fer rouge, par ce spectacle cruel.

Néanmoins, l’une des premières conditions du droit, c’est l’instauration d’une évaluation de lapeine. Il faut une certaine régularité, soit qu’une même peine soit infligée pour des fautes analogues. Cette préoccupation est explicite dès les premiers codes connus tel que le code d’Hammourabi (1700 avant J.-C.) qui fixe différentes règles de la vie courante. Toute une échelle de peine y est inscrite suivant les délits et crimes commis, la loi du Talion est d’ailleurs la base de cetteéchelle. Ici, cette loi est loin de justifier la vengeance, elle vient au contraire codifier rigoureusement les limites des représailles autorisées. Une autre des conditions du droit réside dans la nécessité d’un responsable. Effectivement, dans l’Antiquité grecque ou romaine, il faut un accusateur pour être obligé de répondre à ses actes devant un criminel. Si nul ne se plaint, un meurtrier ne sera...
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