Une noce

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1222 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 7 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Dramaturge, poète et metteur en scène allemand, Bertolt Brecht étudie la médecine ainsi que la philosophie avant de s’intéresser, et ce, à un très jeune âge, à l’écriture. Brecht est également le père du principe théâtral de la distanciation, effet par lequel l'acteur doit se dissocier de son personnage afin que le public adopte une attitude critique envers ce qui se passe sous ses yeux. En1919, il écrit sa deuxième pièce, La Noce alors qu’il n’est âgé que de 21 ans. Brecht profite de l’écriture de cette pièce pour faire une critique sociale de l’après-guerre. Cette comédie acerbe présente un jeune couple nouvellement marié ayant convié famille et amis pour célébrer leur noce autour d’un repas bien arrosé. Chaque convive, revêtu de faux-semblants, se met à table et boit jusqu’à ce qu’ilvoit son masque tomber, laissant ainsi transparaître sa vraie nature. Le superficiel éclate et tout ce qui est beau s’effondre. Le mariage, la famille, les valeurs et les biens se dégradent dans la déchéance. Deux des thèmes abordés dans cette œuvre sont les apparences et l’omniprésence du subconscient. Tout d’abord, Brecht peint un portrait de la société en soulignant que les individus,contraints à se conformer aux règles et aux lois, ne peuvent être autre chose que des pantins aux allures conformes. Ils projettent alors une certaine image d’eux-mêmes alors que sous les masques se trouve une toute autre réalité. En somme, l’Homme vit dans un monde d’apparences où il n’est lui-même que lorsque ses pulsions l’envahissent et lèvent le voile sur sa véritable identité. Puis, ces pulsionsrappellent l’omniprésence du subconscient. Brecht voit l’être humain comme un hédoniste refoulé qui, lorsque son subconscient prend le dessus, peut enfin vivre ses désirs.

Dans la mise en scène de cette production signée Gregory Hlady, ce dernier dit aimer déstabiliser et choquer son public. C’est pourquoi il opte pour une esthétique éclatée et extravagante. Hlady privilégie donc une mise enscène surréaliste. En ce sens, il respecte bien les thèmes abordés par Brecht, soit les apparences, en ajoutant une couche d’excentricité à tous les niveaux du processus créateur de sorte que les personnages et le lieu dans lequel ils se trouvent se voient enfouis dans un bain d’images bien au-delà de la vérité, et le subconscient, en créant un environnement propice à l’explosion des pulsions.Dans l’optique de sa mise en scène, Gregory Hlady opte pour un décor plutôt réaliste et simple qui tend à se dégrader au fur et à mesure que l’action évolue. Plus les personnages atteignent l’état de subconscience, dans la révélation de leurs pulsions plus les meubles et accessoires se disloquent. Pour ce qui est de l’espace scénique surchargé qu’utilise Hlady pour faire éclater son action, certainséléments, tels la mezzanine ou encore l’écran projecteur, auraient dû être plus justifiés. L’écran qui projette un aquarium ainsi qu’une panoplie d’autres images se voulant métaphoriques, est placé dans le haut du mur de fond. Comme le focus est sur la scène où se déroule l’action principale, l’écran peut vite être oublié et les images projetées ne sont pas vues ni comprises en leur sens. Lamezzanine, aussi surchargée que la scène, suggère qu’une certaine partie de l’action s’y déroule puisque le lieu est bien en vue, mais elle n’est quasi-jamais utilisée. Ces éléments scénographiques auraient donc pu être plus exploités de sorte qu’ils soient mieux justifiés.

Se joint à Hlady, Vladimir Kovalchuck, l’un des concepteurs de cette production, qui assume la scénographie, l’éclairageainsi que les costumes. L’aspect de son travail touchant la lumière est intéressant, mais peut-être à rediscuter. Au milieu du décor, au-dessus de la table, se trouve un globe lumineux utilisé à certains moments à des fins d’appui aux décrochages que subissent les comédiens. Cette source lumineuse très intéressante et intrigante n’est utilisée que dans une scène alors qu’elle aurait pu...
tracking img