Université et monde professionnel

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  • Publié le : 24 mars 2011
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Julien Plubel, M2 SIAHC (Université Lille 2), 2009
Isabelle Bruno, « Les processus décisionnels de l’UE » - Exercice individuel

Dimension « professionnalisante » de l’Université – Retour sur expérience

L’Université délivre des connaissances. Elle permet aussi l’acquisition d’une façon de penser selon que l’on s’est familiarisé au droit, la science politique, etc., ou les sciences dures.Les façons de penser sont aussi des façons de travailler, et une formation en sciences sociales sera bien appréciée d’un employeur à la recherche d’une pensée complexe et non tranchée. Des compétences a priori purement académiques comme effectuer une enquête qualitative et/ou quantitative pour une recherche, s’avèrent parfaitement transposables en milieu professionnel lorsqu’il s’agit par exempled’effectuer ce même type d’enquête pour une association, une fondation, un cabinet d’évaluation des politiques publiques etc. Ma vision de l’Université est celle d’un lieu où l’on délivre un savoir avant tout théorique. Ce n’est pas à mon sens dans l’intervention de professionnels venant parler de leur activité qu’une formation professionnelle réside, mais c’est par la pratique à travers un stage, uncontrat de professionnalisation ou autres, que les compétences purement professionnelles s’acquièrent. De ce point de vue, l’Université ne délivre des compétences professionnelles qu’indirectement. Que ce soit comme nous l’avons dit par le savoir transmis, dans lequel se trouvent des compétences directement applicables à l’exercice d’un métier, ou alors – comme c’est le cas pour des études detype sciences sociales –, par la fréquentation d’un terrain, son observation, son immersion plus ou moins longue et la rencontre des acteurs. On reproche souvent aux chercheurs d’être coupés du monde de l’entreprise, professionnel en général. Une telle remarque semble quelque peu infondée en ce qui concerne pour le moins la recherche en sciences sociales, dont la rigueur scientifique exige deconfronter la théorie à la réalité empirique que l’on étudie. Dès lors, un cours purement théorique sur les pratiques de certains acteurs dans un certain milieu, sera émaillé du retour sur expérience de la fréquentation du terrain lors de la phase d’enquête du chercheur. Ceci permet une première transposition dans le milieu professionnel qui plus tard, on l’espère, sera le nôtre. D’autre part, uneformation uniquement professionnalisante, au sens où elle est entendue généralement, c'est-à-dire uniquement basée sur l’apprentissage des techniques d’un métier, aurait sans doute le mérite de faire des étudiants vite opérationnels et peu coûteux par la suite en formation professionnelle, mais ils auraient certainement peu de recul sur leur pratique et exerceraient certainement avec une certainenaïveté professionnelle. Théoriser ses propres pratiques permet d’avoir connaissance des jeux et enjeux qui se trament dans un certain milieu, et, dès lors, de mieux pouvoir composer avec eux.
Après ce qui vient d’être dit, une formation en alternance ou par la recherche semble la mieux à même de délivrer à la fois un aperçu professionnel, de même que des compétences, tout en conservant le « mandat » del’Université qui est la transmission d’un savoir nécessaire à la réflexivité de l’acteur en milieu professionnel. Par ailleurs, un Master professionnel qui se termine par six mois de stage, s’apparente à une formation en alternance mais avec une organisation différente. Tout dépend alors de l’efficacité de telle formation plutôt qu’une autre. Est-il préférable, pour être plus tard un « bonprofessionnel », d’alterner entre cours et pratique ou bien scinder en deux le temps des cours et celui de la pratique ? Alterner entre cours et pratique permettrait sans doute de confronter plus facilement connaissances académiques et attentes du milieu professionnel en termes de compétences, mais aurait l’inconvénient de ne pas se familiariser assez longtemps à un métier, dans la mise en place...