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  • Publié le : 7 juillet 2011
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Première Leçon

Origine de la psychanalyse. Observation du Dr Breuer. Les traumatismes psychiques. Les hystériques souffrent de réminiscences. Le traitement cathartique. L’hystérie de conversion.
Ce n’est pas à moi que revient le mérite – si c’en est un – d’avoir mis au monde la psychanalyse. Je n’ai pas participé à ses premiers commencements. J’étais encore étudiant, absorbé par lapréparation de mes derniers examens, lorsqu’un médecin de Vienne, le Dr Joseph Breuer, appliqua pour la première fois ce procédé au traitement d’une jeune fille hystérique (cela remonte aux années 1880 à 1882). Il convient donc de nous occuper tout d’abord de l’histoire de cette malade et des péripéties de son traitement. Mais auparavant encore un mot. Ne craignez pas qu’une formation médicale soitnécessaire pour suivre mon exposé. Nous ferons route un certain temps avec les médecins, mais nous ne tarderons pas à prendre congé d’eux pour suivre le Dr Breuer dans une voie tout à fait originale.
La malade du Dr Breuer était une jeune fille de vingt et un ans, très intelligente, qui manifesta au cours des deux années de sa maladie une série de troubles physiques et mentaux plus ou moins graves. Elleprésenta une contracture des deux extrémités droites avec anesthésie ; de temps en temps la même affection apparaissait aux membres du côté gauche; en outre, trouble des mouvements des yeux et perturbations multiples de la capacité visuelle ; difficulté à tenir la tête droite; toux nerveuse intense, dégoût de toute nourriture et, pendant plusieurs semaines, impossibilité de boire malgré une soifdévorante. Elle présentait aussi une altération de la fonction du langage, ne pouvait ni comprendre ni parler sa langue maternelle. Enfin, elle était sujette à des « absences », à des états de confusion, de délire, d’altération de toute la personnalité ; ce sont là des troubles auxquels nous aurons à accorder toute notre attention.
Il semble naturel de penser que des symptômes tels que ceux que nousvenons d’énumérer révèlent une grave affection, probablement du cerveau, affection qui offre peu d’espoir de guérison et qui sans doute conduira promptement à la mort. Les médecins diront pourtant que, dans une quantité de cas aux apparences aussi graves, on peut formuler un pronostic beaucoup plus favorable. Lorsque des symptômes de ce genre se rencontrent chez une jeune femme dont les organesessentiels, le cœur, les reins, etc., sont tout à fait normaux, mais qui a eu à subir de violents chocs affectifs, et lorsque ces symptômes se développent d’une façon capricieuse et inattendue, les médecins se sentent rassurés. Ils reconnaissent en effet qu’il s’agit là, non pas d’une affection organique du cerveau, mais de cet état bizarre et énigmatique auquel les médecins grecs donnaient déjà lenom d’hystérie, état capable de simuler tout un ensemble de troubles graves, mais qui ne met pas la vie en danger et qui laisse espérer une guérison complète. Il n’est pas toujours facile de distinguer une telle hystérie d’une profonde affection organique. Mais il ne nous importe pas ici de savoir comment on établit ce diagnostic différentiel ; notons simplement que le cas de la jeune fille deBreuer est de ceux qu’aucun médecin habile ne manquera de ranger dans l’hystérie. Il convient de rappeler ici que les symptômes de la maladie sont apparus alors que la jeune fille soignait son père qu’elle adorait (au cours d’une maladie à laquelle il devait succomber) et que sa propre maladie l’obligea à renoncer à ces soins.
Les renseignements qui précèdent épuisent ce que les médecins pouvaientnous apprendre sur le cas qui nous intéresse. Le moment est venu de quitter ces derniers. Car il ne faut pas s’imaginer que l’on a beaucoup fait pour la guérison, lorsqu’on a substitué le diagnostic d’hystérie à celui d’affection cérébrale organique. L’art médical est le plus souvent aussi impuissant dans un cas que dans l’autre. Et quand il s’agit d’hystérie, le médecin n’a rien d’autre à...
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