Utopie de thomas more livre ii plan detaille commentaire

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  • Publié le : 2 mars 2010
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L’Utopie, Livre II « La ville est reliée à la rive… », Thomas More, 1516

La ville est reliée à la rive opposée par un pont qui n’est pas soutenu par des piliers ou des pilotis, mais par un ouvrage en pierre d’une fort belle courbe. Il se
Trouve dans la partie de la ville qui est le plus éloignée de la mer, afin de ne pas gêner les vaisseaux qui longent les rives. Une autre rivière, peuimportante mais paisible et agréable à voir, a ses sources sur la hauteur même où est située Amaurote, la traverse en épousant la pente et même ses eaux, à celles de l'Anydre. Cette source, qui est quelque peu en dehors de la cité, les gens d’Amaurote l’ont entouré de remparts et incorporée à la forteresse, afin qu’en cas d’invasion elle ne puisse être ni coupée ni empoisonnée. De là, des canaux enterre cuite amènent ces eaux dans les différentes parties de la ville basse. Partout où le terrain les empêche d’arriver, de vastes citernes recueillent l’eau de pluie et rendent le même service.
Un rempart haut et large ferme l‘enceinte, coupé de tourelles et de boulevards; un fossé sec mais profond et large, rendu impraticable par une ceinture de buissons épineux, entoure l’ouvrage de troiscôtés; le fleuve occupe le quatrième.
Les rues ont été bien dessinées, à la fois pour servir le trafic et pour faire obstacle aux vents. Les constructions ont bonne apparence. Elles forment deux rangs continus1, constitués par les façades qui se font vis-à-vis, bordant une chaussée de vingt pieds de large. Derrière les maisons, sur toue la longueur de la rue, se trouve un vaste jardin, borné de touscôtés par les façades postérieures.
Chaque maison a deux portes2, celle de devant donnant sur la rue, celle de derrière sur le jardin. Elles s'ouvrent d'une poussée de main, et se referment de même, laissant entrer le premier venu. Il n’est rien là qui constitue le domaine privé. Ces maisons en effet changent d’habitants, par tirage au sort, tous les dix ans. Les Utopiens entretiennentadmirablement leurs jardins3, où ils cultivent des plants de vigne, des fruits, des légumes et des fleurs d’un tel éclat, d’une telle beauté que nulle part ailleurs je n’ai vu pareille abondance, pareille harmonie. Leur zèle est stimulé par le plaisir qu’ils en retirent et aussi par l’émulation, les différents quartiers luttant à
L’envi à qui aura le jardin le mieux soigné. Vraiment, on concevraitdifficilement, dans toute une cité, une occupation mieux faite pour donner à la fois du profit et de la joie aux citoyens et, visiblement, le fondateur n’a apporté à aucune autre chose une sollicitude plus grande qu’à ces jardins.
La tradition veut en effet que tout le plan de la ville ait été tracé dès l’origine par Utopus4 lui-même. Mais il en a laissé l’ornement et l’achèvement, tâchent auxquelles unevie d’homme ne saurait suffire. Leurs annales contiennent, soigneusement, scrupuleusement rédigée, l'histoire des 1760 années qui se sont écoulées depuis la conquête de l‘île.

1. More idéalise ici les villes flamandes. La beauté, la propreté de Bruges et d’Anvers contrastaient avec la saleté du centre de Londres. Les belles maisons de la noblesse bordaient le Strand, tandis que la populationpauvre s’entassait dans des ruelles dont beaucoup n’étaient que des égouts à ciel ouvert. Il était rare à cette époque que les maisons fussent alignées régulièrement. Et une chaussée de sept mètres, vraie voie charretière, était une exception.
2. Deux portes qui n’ont ni clefs ni verrous, attributs de la propriété. More pousse le respect du principe au point de refuser aux habitants le droit des’installer durablement dans le logis mis à leur disposition. Ils sont autorisés à jouir du confort, non à considérer la maison comme leur propre foyer. Car More veut une société sans classes et, pour cela, il fallait rendre impossible toute différence entre les logements.
3. More aimait les plantes comme il aimait les animaux et, dans chacune de ses résidences, s’est personnellement occupé de...
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